27/04/2005

La vie au grand air


Je commence doucement à m'y faire. Paris me contamine petit à petit.
 
J'ai pris le pas urbain, long et rapide, de ceux qui vous donnent l'impression de fendre l'air, ou de traverser a toute allure le long couloir qui termine le métro Montparnasse vers la gare sur le tapis roulant ultra rapide à 9km/h. Marcher ne me dérange plus.
 
Laisser ma voiture au parking et sauter d'un métro a un autre m'apparait a présent d'une facilité bienheureuse. Je ne sens même plus ces effluves dégoutantes qui m'agressaient tant à mon arrivée ; crasse, urine, sueur, graisse de mecanique et décomposition... Non, je respire le même air que d'autres millions d'usagers. Comme eux j'ai un bouquin en poche et un exemplaire de "Metro" ou "A nous Paris" ou "20 minutes" sous les yeux, la presse gratuite, synthétique, parfaitement adaptée a la lecture rapide, debout, secoué par les cahots des rames.
 
J'ai également pris le sens de la ville. Même en voiture, les quartiers prennent leur place autour des monuments et des lieux dits. Je circule presque sans hésiter. Impossible de se perdre, les repères sont trop nombreux. Et si je délaisse volontiers le volant pour la RATP en journée, je me surprends chaque jour un peu plus a adorer conduire en plein Paris la nuit...
 
Hier soir, je suis parti chercher Terry, un ami belge expatrié ici pour raison diplomatiques. J'avais la chance de jouir de la ravissante A4 Cabrio flambant neuve et suréquipée d'un collègue qui me la prétait pendant quelques jours. J'aime les voitures. Mais la c'est le coup de foudre... Nerveuse, équilibrée, répondante, stable, lechée, soignée... Un 2,5l aux petits oignons, une sonorité d'enfer... Reste a dire qu'il pleuvait sur Paris, j'ai donc du piloter l'engin couvert jusqu'au domicile de Terry, en vue des Invalides.
 
Il m'a ensuite dirigé vers un charmant restaurant basque du 1er arrondissement ou nous avons diné au vin blanc et a la sangria. Terry me connait encore mal, donc nous parlons encore beaucoup de nous... Nos souvenirs communs de fac, nos parcours aux antipodes, nos moteurs...
 
Terry angoisse pour son avenir, un peu moins ces derniers temps, mais tout de meme. Terry vit dans un monde traversé d'Ideaux et soutenu par un désir de Superbe et de Grandeur... La Belgique ne pouvait pas rayonner assez fort pour le satisfaire. Paris s'imposait. Terry a besoin de grandes choses... Et quand il en parle c'est avec emphase, enthousiasme et éclairs dans les yeux. J'aime beaucoup. Je suis trop cynique pour marcher avec lui, mais j'aime.
 
Je lui ai avoué de mon coté ne jamais vraiment avoir connu ces angoisses du futur, et pour cause, je ne me suis pas laissé le choix. De retour de ma propre folie post fac, je m'étais creusé un tel découvert qu'il a fallu que je travaille, tout de suite, pour manger, survivre... Aujourd'hui, presque 8 ans plus tard, je suis sur la meme lancée, sauf que j'ai grimpé, grimpé et encore grimpé, sans jamais me poser la question de ce que je voulais faire de mon avenir. Je souhaitais juste le poste et le salaire du mec au dessus, puis du suivant, et ainsi de suite... Point de grandeur et de superbe dans tout ca, du backstab, des jeux de coudes, faire un peu l'anguille. Plus de fric, plus de liberté, on avance, comme dans une mine, on creuse, tout droit, sans se poser de question.
 
Je lui ai aussi beaucoup (beaucoup) parlé de toi, Emi. En proportion, beaucoup plus que tout le reste... Et j'ai vu les yeux de Terry luire tandis que son sourire émerveillé s'élargissait... Je parle bien de toi, tu sais, mon Emi ? Je parle de toi avec amour, passion et bonheur... Forcément, ca bouscule un peu le coeur de mes auditeurs. J'avais déja eu l'occasion de voir cette émotion a l'oeuvre lorsque j'ai diné avec Delphine, la semaine derniere. Quand je parle de toi, les gens s'émeuvent et sourirent. Et moi meme j'en ai des noeuds dans la voix, parfois.
 
Terry et moi, repus de poisson et de sangria, avons repris le bolide, 1h du mat... Puis, musique a fond, nous nous sommes offert la vie au Grand Air. La pluie avait cessé. Un petit 16° a peine venteux baignait la nuit parisienne... Sortis du parking, nous avons décapoté sous le regard surpris des badaus. Ici, au lieu de frimeur, poseur, stuffer, dikkenecke, on dit "kakous".  
 
Trop heureux, nous avons pris la rue de Rivoli, la Concorde, les Quais, les Champs, l'Etoile, le Champ de Mars pour nous offrir en panorama la vertigineuse dame Eiffel... Nous avions tous les deux une copie du meme sourire de gamins émerveillés plaqués sur la tronche... Les 175 chevaux de la voiture nous emmenaient au vent, à toute allure, du rock a plein volume, sensation de plénitude futile et suspendue, d'oubli de toute forme d'hier ou de demain, pour se contenter d'un bonnheur bien présent alors que défilaient sous nos yeux ravis toutes les Grandeurs et les Splendeurs de la Ville Lumière...
 
Apres l'avoir déposé, je suis rentré ivre de vent, de musique et de joie de vivre... Ivre de Paris. Ce cabrio devrait etre remboursé par la sécu comme anti-dépresseur.
 
 

15:22 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

pub pour blog hello, t devenu parigot à ce que je lis, t'inkiète po on s'y fait, moi j'habite dans la banlieue, et à marne la vallée, l'air y est plus respirable ;-). je t'écris parce que je voudrais savoir si tu pouvais mettre un lien vers mon site et je le ferais pr ton site, mm si il ne manque pas de visiteurs. merci de me répondre rapidement.

Écrit par : clay | 27/04/2005

et moi moi, moi, je te fais vivre tous les jours avec nous ici...ta façon de m'ouvrir ton coeur a été un grand bond en avant pour moi. Tu le sais. Et à travers tes mots, mes envies et mes actions sont partagées avec tous les miens ici. Merci de me permettre de voyager et de prendre conscience qu'il fera beau dehors...puisque tu seras là.

Merci papillon...merci.

Écrit par : emi | 27/04/2005

hi Waaouw, je confirme, je souris, c'est beau :o)

Écrit par : Val | 27/04/2005

... Une question .. pourquoi tu n'as pas mis une adresse @ où l'on puisse te joindre afin d'éviter de le faire " in live "

J'ai peut-être mal regardé ... mais je n'ai pas trouvé !

Écrit par : BloodFlowers | 27/04/2005

.. 2005-04-27, 18:22:15
...
Une question .. pourquoi tu n'as pas mis une adresse @ où l'on puisse te joindre afin d'éviter de le faire " in live "

J'ai peut-être mal regardé ... mais je n'ai pas trouvé !

BloodFlowers


J'avais oublié de mettre qui je suis via adresse blog

Une réponse MR Joraël via mon adresse mail qui se trouve sur mon blog sera bienvenue !!

Écrit par : BloodFlowers | 27/04/2005

Bon sang mais c'est bien sûr Moi, je me disais aussi il y en a qui ont la chance de jouir d'une ravissante A4...
Tiens-toi, il n'y a pas qu'à Paris qu'on jouit.
Bonne route fransquillon !
Allez fieu ! Montre leur !

Écrit par : xian | 28/04/2005

Vendredi C'est le jour des maigres.
Il est six heures, d'après le fumeur de Havane bis, les Parigots sont déjà au turf.
Bon week-end, bonjour à tes amours.

Écrit par : xian | 29/04/2005

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