27/06/2005

Tant qu'il y aura des Femmes...

 

 

Et des filles…

 

 

Une passion bien ancienne. Besoin d’une mise au point. Important. Ne pas se tromper dans les mots qui suivent.

 

J’ai une relation complexe aux femmes. Non pas a la femme de genre, je ne crois plus à l’être féminin générique, elles sont infinies, uniques et totalement insaisissables. Elles résistent avec frénésie a tout ce qui pourrait les figer, les réduire a une image fixe, à un portrait… Elles sont changement, elles sont plurielles au singulier, maquillées ou pas, vêtues de long ou de court, des coupes et des couleurs…

 

Leurs sentiments suivent, leurs opinions aussi, un carrousel perpétuel, un tourbillon d’air, de lumiere et de parfums…

 

J’aime les femmes et quand j’arrive a n’en aimer qu’une, je la trompe avec ses autres « Elles ». Lorsqu’elle m’aime comme une épouse, je la désire catin et lorsque le rouge lui monte aux lèvres, qu’une fièvre gourmande lui consume le corps, je me prends a souhaiter qu’elle me tendresse comme une amie, une sœur, une mère…

 

Je suis fou des femmes… Il y en a tellement…

 

Paris est une torture de tous les instants. 32° a l’ombre et je succombe a chaque carrefour sous les aléas des robes légères, des tops moulants ou lâches, des chevelures longues ou courtes, blondes ou brunes, des yeux qu’on croise comme des éblouissements, des regards qui trop souvent fuient mon regard,  des sourires qui se dessinent ou qui explosent a m’en déchiqueter le cœur, leurs voix, par milliers, comme des chants de sirènes, magiques, maudits, envoutants…

 

Et puis ces formes qui parlent a l’appétit des hommes, qui évoquent en silence des désirs cannibales, ces jambes qui les portent, qui les dirigent, souples, aériennes, déhanchées, chaloupées, ces croupes, fesses, hanches, qui appellent le regard, le geste, la caresse, la prise, la possession, vertige de tant de chutes de reins, en jeans, en lin, en soie ou en satin de pure peau, ces tailles qu’on aimerait serrer  comme un seigneur ou entourer d’un bras léger a déplacer des porcelaines et puis bien sur vient notre saint amour de leurs seins, nourriciers, apaisants, excitants, ravageurs, petits têtus, lourds lascifs, fermes et arrogants, tendres et généreux, nos empires pour ces monts, nos trésors pour cette vallée, nos vies pour trouver le repos dans cette volupté là. Reste bien sur leurs gorges tendres, longues, douces, leurs mains fines, parfois douleur, souvent plaisir, habiles a toucher, avides de caresses, et leurs bouche qui murmurent des promesses humides, veloutées, pieuses et obscènes…

 

Marcher sur les trottoirs bondés, prendre le métro sans journal ou sans livre. Des promenades érotiques à l’infini, les possibilités se déclinent en autant de fantasmes ; « m’a-t-elle regardé ? a-t-elle souri ? et si je la suivais ? et si je lui parlais ? Que cache sa jupe aérienne ? Quel gout peut bien avoir ma salive sur son rouge à lèvres ? Comment chante son rire ? Gémit-elle, crie-t-elle ou s’effondre-t-elle dans un immense soupir, lorsqu’elle succombe à son plaisir ? »  

 

Et surtout ; «  me trouverais-je assez beau dans ses yeux pour oublier un instant toute la laideur de mon image gravée au fond des miens ? Me permettra-t-elle de m’aimer, enfin ? Me procurera-t-elle ce sentiment inouï de confiance et d’amour de moi-même ? Me donnera-t-elle enfin la fierté d’être moi ? »

 

Questions insolubles, permanentes… Elles ont juste franchi la barrière du conscient, il y a peu, si peu. Confidence pour confidence, disait Schultéris, c’est moi que j’aime a travers vous…

 

Je suis une sorte de vampire. Je me nourris de l’amour des autres. Lorsqu’elle s’abandonne a moi, qu’elle succombe sous une caresse intime ou sous un regard appuyé, quand le trouble nait en elle, quand s’ouvrent les portes des hautes citadelles dans laquelle sa fragilité se réfugie, j’exulte, je jouis, jouissance au sens juridique, une possession…

 

Mieux encore, quand elle bascule hors du contrôle, quand ses yeux décrochent, que sa gorge se serre, que son corps lui échappe, qu’elle se livre malgré elle, à la fois désireuse et craintive, quand je pénètre corps, cœur et esprit, ces trois sanctuaires envahis, enfin, et seulement enfin, j’ai la sensation d’exister, au travers de ce miroir parfait qui me renvoie l’image de mon vrai moi, de son empreinte sensible, de son existence affective, de son désir de vivre.

 

Je n’aime plus. Je dévore. Je parasite. Je consomme. Je consume. C’est récent. Ca me mine.

 

Que penser de moi ? Suis-je ou ne suis-je pas un queutard ? Tu baises or not tu baises ? Je m’imagine bien un Hamlet version Vixen tenant d’une main un gland rose de la taille d’un crane s’interrogeant sur l’essence du désir (des sens) en se caressant de l’autre sa si sexy barbe naissante…

 

Depuis Mademoiselle Hell (décembre), j’ai du atterrir au lit de façon unique ou récurrente avec 7 filles différentes auxquelles il faut que j’ajoute quelques pelles et papouilles expérimentales et deux maitresses fictives que certaines gorges chaudes (mais pas bien profondes) se plaisent à ajouter a ce bien triste palmarès.

 

Depuis Mademoiselle Hell (vous voyez que ce n’est pas une faute de frappe) je constate que je n’ai plus le gout de la chair. Effrayant. Quelque chose de cassé dans l’intime lien cerveau-gonades-cœur (tiercé gagnant dans le désordre). Aujourd’hui je mange, oui, mais sans faim et donc, sans plaisir.

 

Et si c’était une maladie ? Et si par contagion, je devenais peu a peu moi aussi, comme elle, un être froid, mécanique, incapable d’aimer, de recevoir et de donner ? J’ai besoin d’amour. Je ne rêve que de retrouver le merveilleux élan qui fait bondir la joie hors de la poitrine, ce bien être presque palpable, tout ce bonheur, envahissant… Mais ca ne déclenche plus.

 

Pourtant mon radar personnel bipe a chaque coin de rue… Paris est une ville grouillante de jeune beautés qui s’en vont et s’en viennent, talons hauts, jambes nues, petits « oh » lègérs

 

Alors oui, sans doute, suis-je un queutard, pour l’instant, par réflexe ou simplement pour me sentir vivant encore un peu, dans une période si trouble que je n’en distingue plus mon avenir proche. Oui, je baise, ou je me laisse baiser, je jouis ou je fais jouir, du moment que cela puisse me rattacher a l’existence…

 

Point de méchanceté. Je suis clair, transparent sur mes intentions. Tendresse a donner, besoin d’en recevoir. Plaisir a consommer, en conditionnement variés, une, trois, six ou douze doses, pas d’engagement, pas d’attente, rien que des moments, des « nous » qui durent le temps ou nos peaux se touchent et qui s’interrompent sans jamais s’angoisser de savoir si ce qui suit durera un jour ou toujours. Je ne truque rien, je troque mon trop plein d’envie contre un trop plein d’envie du sexe opposé, a condition qu’elle me plaise, de cœur, de corps et d’ame.

 

Etre clair, jusqu'à la rudesse parfois, pour éviter les larmes, après… Tuer l’espoir avant même qu’il naisse, de peur qu’il ne la fasse souffrir. Etre limpide, grand ouvert, avec un panneau « en panne » qui barre le coté gauche de ma poitrine. Le reste, humour et complicité inclus, sont fonctionnels et disponibles.

 

J’aimerais aimer à nouveau… je sais que j’en suis capable, à la folie. Il faut que les fractures se ressoudent, que les blessures se referment et qu’une éclaircie vienne me donner confiance.

 

Depuis Mademoiselle Hell, je me déteste encore plus fort. Je me hais d’avoir été ce jouet consentant. Je me hais d’avoir été si peu aimé et de l’avoir toléré. Je me hais d’avoir partagé avec elle des trésors dont elle est indigne, je me vomis de m’être laissé dire qu’elle ne me désirait pas, je me méprise d’avoir même essayé de lui faire comprendre l’amour, d’avoir été l’esclave de sa beauté au point de tout supporter.

 

J’ai appris cependant. Et pendant que se digère cette leçon, pendant que lentement, les pièces de mon cœur éclaté se remettent en place, je regarde passer les filles, belles et désirables, en attenant celles qui me donneront un instant l’impression d’exister, en espérant celle qui me donnera enfin la certitude d’être.


14:10 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

Tellement... typique ! ;-)

Nb : plume admirable

Écrit par : Pervertus | 27/06/2005

... Rrohhhh
J'aime ta façon de parler des femmes
Tu me semble un "vampire", mais honnête... Ca existe cela?
Bref, j'ai ri en te lisant
Bonnes balades
;-)

Écrit par : Fléa... | 28/06/2005

Magnifique description de la femme!
Admirable!

Écrit par : Lou | 29/06/2005

Honnête ? ou nombriliste Je ne peux que réagir à ce texte, me sentant quelque peu concernée. Vampire, bien sûr!! mais 'abord de soi-même. Ne t'ai je pas dit un jour que le plus important était de se pardonner à soi même et de comprendre pourquoi on a été complice de cette manipulation. Et si les réponses étaient justement dans les questions que tu te poses? Je pars du principe que l'autre n'est pas là pour nous donner le sentiment d'exister ou pour nous permettre de nous aimer. On ne peut bien aimer l'autre que si on ne cherche pas un miroir de soi même. Ce type de recherche ne peut aboutir à une impasse relationnelle dans laquelle les névroses s'annulent en se faisant concurrence: il y a toujours une névrose qui l'emporte.
Mais bon cela ne reste qu'une interprétation personnelle. En tout cas queutard ou pas, il n'en reste pas moins que ton désir effréné d'exister écrase l'existence ou la parole de l'autre.

Écrit par : Lionne | 29/06/2005

échantillon de l'écrasement 13:27:30

"J'ai accepté par erreur ton invitation"
" On se livre comme on s’enchaîne, les gens n’hésitent pas à se venger des secrets que vous leur avez confiés. Une fois qu’ils vous connaissent les gens, ils ne se font pas prier pour vous rentrer dans le lard par où vous êtes le plus vulnérable et jubiler de leur supériorité sur vous ".

Eric Bénier Burckel Pogrom.


Cela résume assez bien ma soirée avec L. samedi soir. Il se trouve cependant que je n’ai même pas eu le temps de lui confier quoi que ce soit sur moi, qu’il en avait déjà tiré des conclusions. Qu’est ce que ce serait si je lui avais confié des secrets ?


Nous vivons dans une ère où même les plus faibles psychologiquement se prennent pour des dieux de la psychanalyse sauvage. Tout y passe :


vous êtes silencieux = vous êtes mal dans votre peau.


vous parlez = vous êtes anxieux et / ou égocentrique.


vous ne parlez pas = vous cogitez trop.


vous parlez de vous c-a-d de quelques soucis qui vous turlupinent = vous n’êtes pas assez désinvolte.


En gros, voici ce que dit l’homme faible : " ferme ta gueule et écoute moi parler de moi. Et en outre n’ouvre la bouche qu’à bon escient pour me renvoyer une image positive de moi, pour me conforter dans mon image de mec au top ! ! ! Tout ce que je fais est bien, tout ce que tu dis ou fais est nul et symptômatique de ton mal-être. Souris, pourquoi tu fais la gueule ? ? Arrête de sourire, tu te fous de ma gueule ? ? ? Fais comme moi agite les bras et les jambes frénétiquement pour montrer que tu t’amuses sinon j’ai l’air d’un con atteint de la danse de Saint-Guy. Parle moi de toi, parle toi de moi…Sois désinvolte avec tes problèmes mais prends au sérieux les miens sinon j’te latte la gueule " à coup de non-sens, de poncifs éculés, de concepts psych–anal–y–tics chopés dans la nouvelle littérature pompeuse et auto fictive qui fait croire aux trentenaires qu’ils sont intellos et au dessus des autres œufs écrasés dans le panier de la vie.

Écrit par : Lionne | 29/06/2005

Merci Dieu que c'est vrai... Merci Lionne d'avoir exprimer ce que j'aurais du lui dire!

Écrit par : Raph | 29/06/2005

... J'ai l'impression de voir un miroir en lisant certains passages de ce texte...

Pour le reste, oui, l'été est là, ses formes, ses vêtements légers, mais nous sommes humains...
Ce n'est pas pour cela que nous puissions être incapable de consommer plus que simplement ces quelques regards, ces quelques mouvements, ces quelques parfums, ces quelques bouffées de plaisirs chimique...

Nan...
On aime cela, parce que c'est beau, mais parce que finalement, c'est la seule dose minime que nous soyions capable d'absorber sans vomir nos propres tripes par terre...

Écrit par : Mr P & Mr F | 29/06/2005

A Lionne
Les doléances, les comptes a régler, les petites mises aux points, tres jolies, tres classes au demeurant, cultivées, tres tendance, limite chronique Marianne ou Canard Enchainé, fines et acides comme on les aimes, perdent toute leur valeur dans l'anonymat.

C'est bien beau de fustiger... c'est tout de meme bien plus diffcile en face a face apparement... Puisque tu me connais, quand tu auras retrouvé le courage d'assumer, apelle moi... Merci.

Écrit par : Jorael | 30/06/2005

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Écrit par : phentermine | 25/06/2006

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