03/08/2005

Suites du casting

 

Vendredi 15 juillet

Paris

 

 

Je traine au lit au dela de l’heure admissible. Farah se leve avant moi et s’éclipse dans un sourire, apres m’avoir embrassé sur le front. Je grogne un peu, abbatu sur l’oreiller. Ainsi s’achevent 3 jours d’amitié et de complicité sensuelle. A bientôt Farah, au plaisir...

 

La journée de travail s’écoule offline, comme toujours. Si j’avais le courage, j’ouvrirais un blog totalement anonyme réservé à mes activités diurnes de Commercial Dynamique de mes fesses. Il y aurait tant à dire.

 

Pour le soir, j’ai rendez vous avec Yam, une MeeticGril au sourire charmant (sur photo dumoins). Champ libre total, Georges passe le week-end à Bordeaux.

 

Je réserve une table à l’Eté en Pente Douce, une terrasse ravissante juchée entre longues deux volées de marches, sur l’est de la butte du Sacré Cœur, et lui donne rendez-vous à la sortie du métro Anvers (toujours plus sympathique que Barbes pour une jeune fille).

 

Elle est a l'heure. De tres loin déjà, je constate, un peu dépité, qu’elle a franchement triché sur son poids. Le sourire est bien la, mais il compense mal le reste. Un corps trapu, rebondi, un arriere train beaucoup trop large pour sa petite taille… Soit. Une soirée de perdue pour le cœur, une nuit de perdue pour le cul, reste a espérer qu’elle soit intéressante.

 

Pour arriver plus rapidement au resto, je lui propose de couper par la butte. Grosse erreur de ma part; Il fait 32° et les marches nous flinguent littéralement les pattes et les poumons. C’est en râles et en sueurs que nous arrivons au niveau du resto. Je passe pour un goujat fini mais elle le prend bien. Nous en rions même. Une rencontre déjà inoubliable.

 

Enfin installés nous mettons un bon quart d’heure a récupérer (sans compter les deux litres d’eau et un bon demi kilo de serviettes). Nous déballons nos vies respectives, comme il est d’usage quand on on a rien d’autre a se dire. Je me perds entre ses origines Syriennes, Canadiennes, Suisses et Francaises, je ne négocie pas tres bien le saut entre ses études de stylisme et son job actuel de graphiste. Elle accepte de m’apprendre l’arabe, si je veux. J’aimerais bien, oui. Nous savons tout deux qu’il n’en sera rien. On se crée l’illusion d’un demain de pure politesse. Tout cela se déroule dans le flou volontaire qui entoure les histoires classées sans suite.

 

Apres diner, nous descendons les marches Est jusqu’au « No problemo Bar » pour un dernier verre. David (le mec de la patronne) arrive, un peu émeché, et s’attarde a notre table sur le troittoir pour nous expliquer que c’est le deuxieme jour de suite qu’il rentre à des heures impossibles et que Nathalie lui rale franchement dessus. « Ptain, hier, je te jure, j’ai eu droit à l’auberge du cul tourné » nous balance-t-il goguenard dans son franc parler de rugbyman du sud ouest.

 

Dans la chaleur minérale de la rue, nous sentons des gouttes d’eau glacées nous tomber dessus. Trois étages plus haut, une climatisation épuisée tourne a plein régime et dégorge sa condensation. Nous changeons de table.

 

La discussion se poursuit, totalement anodine et souriante. Insipide. Pour finir elle se décide à chopper un taxi et apres lui avoir glissé un aurevoir au relents d'adieux, je me visse au comptoir. Ambiance "bar de potes" animé par Nathalie et David qui semblent avoir recollé leurs broutilles. Tournées de rosé et d’Affligems, chansons françaises reprises aux refrains, je fais la connaissance du boulanger, un jeune beau type sympa chez lequel je n’enverrai jamais ma douce chercher des miches, tout marié qu’il est.

 

Plus loin au bar, une jeune femme se perd dans ses magasines, l’air ennuyée. Nathalie qui saisit mon regard au vol, déformation professionnelle oblige, me déconseille de l’aborder ; c’est une habituée… elle vient de se faire lourder.

 

La soirée se poursuit, David fait pêter son CD de musiques de dessin animés. Mini blind test. Evidemment j'écrase de ma sous culture télévisuelle des années 70 et 80 toutes les tentatives de participation. Encore des tournées. Je perds doucement le compte et gribouille sur un carnet de commande de Nathalie des idées capitales que je perdrai bien entendu quelques heures plus tard. Adieux veaux, vaches, cochons.

 

Je bois beaucoup, beaucoup trop, piquant meme quelques cigarettes au vol. Au final, je reste le dernier accroché au comptoir. J’embrasse mes bons amis les tenanciers et rentre en titubant a la maison. Heureusement je n’ai qu’a suivre le meme troittoir sur un demi paté de maison, autrement dit tenir le mur de droite jusqu'a trouver la porte de mon immeuble… J’arrive presque par miracle a ma chambre que je n’occuperai quasiment pas du reste de la nuit.

 

Pénitent imbécile dans la salle de bains, à genoux devant l’autel d’émail, j’expie mes excès ; je gerbe et regerbe a n’en plus finir en me jurant des plus jamais de poivrot.

 

 



16:43 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Me sens moins seul... Meuh... t'as pas bientot fini d'étaler ma vie, et ses déboires (et re-boire) aux yeux de tous !? ;o)

Écrit par : Nikkel | 03/08/2005

quantités c'est énorme ! chaque fois je visualise parfaitement tes scènes, elles deviennent le synopsis d'un cinéma qu'on se fait derrière l'écran, pour un peu j'enverrai même les pop-corn !
De ton reveil à ton "presque couché" j'ai tout vu....A propos, la prochaine fois, au dessus de l'autel émaillé, pense à fermer la porte !!!


Écrit par : emi | 04/08/2005

Les commentaires sont fermés.