04/08/2005

7eme Ciel sans ascenseur

Samedi 16 juillet

Paris

 

A peine réveillé, la nausée me rebaise le ventre. Mon crane est pris dans un étau dément et mes vomissements incessants n’arrangent rien. Je bois de l’eau pour eviter de vomir à vide, pour nettoyer les parois impregnées de mon estomac. Je vomis de la bile, de l’air, je vomis à m’en étouffer… Impossible de remettre la main sur un putain de primpéran… Il ne me reste qu’a vivre cette horreur jusqu’au bout, dans l’obscurité la plus complète, la moindre source de lumière me vrillant le bulbe. Pas question d’ingurgiter mon cocktail paracétamol-aspirine tant que mon oeusophage fonctionne a l’envers. Je rampe, je préserve tant bien que mal une fonction vitale essentielle : respirer. Misérable animal crevé, j’attends la délivrance, le corps, gisant sans cohérence sur le marbre frais de la salle de bains ou se mouvant lentement, mollement, maladroitement, vers le plumard.

 

Vers 15h j’arrive à tenir debout plus de 5 minutes sans avoir une vraie alerte. Mais il y a toujours une tonne de métal brulant qui ravage mon crane. Je me prépare un demi litre d’eau dans lequel je dilue 1 gramme d’aspirine et 1 gramme de paracétamol. Cul sec et retour au lit… deux heures plus tard, je me lève humain à nouveau. La machine fonctionne sans problème. Plus de nausée, plus de migraine, une douce sensation de fatigue et une faim de loup.

 

En récupérant mes esprits, je finis par me souvenir que j’avais gagné l’apres midi de Sirinne, une autre Meetic Girl. J’étais sensé l’appeler en matinée pour nous fixer rendez-vous et nous promener ensemble en début d’après midi. 17h30. Bravo. En consultant mon portable, j’y trouve un texto m’informant qu’elle est partie faire des courses avec une amie. Je prends ma plus belle voix de baryton-basse-mou, l’apelle, m’excuse honnêtement (sans inventer une histoire rocambolesque) et lui propose de nous rencontrer en soirée. nous convenons de nous retrouver pour diner.

 

Je profite des deux heures qui suivent pour me remettre totalement d’aplomb, me prendre une longue douche et choisir avec soin ma tenue décontract du soir. Jeans élimé, chemise blanche lin-cotton sans col, ouverte fachon djellabah, blaser beige un peu froissé, petites baskets noires, un bon nuage d'Allure...

 

Plus ou moins dans les temps je saute dans l’espace, toit ouvert et musique a fond. En zigzaguant entre les autocars de touristes venus visiter Montmartre et Pigalle, je descend rochechoir, clichy et batignolles pour arriver dans son quartier. La vie est belle, dans ces petits passages du film. On aimerait bien que le monteur coupe, copie et colle a l’infini ces infimes moments de pure légereté pour en faire une bobine complète.

 

Garé en bas de chez elle, rue de Courcelles, je la préviens par téléphone. Devant l’Espace je fais les cent pas. Au bout d’un quart d’heure délicieusement féminin, je vois arriver une ravissante petite beurette, fine, racée, habillée tres classe, un soupçon sexy. Une jupe en satin doré, un petit top noir tres élégant a fines bretelles, une chevelure aux allures de crinières, un sourire plein de soleil… C’est une Dame qui s’apprche de moi. Sans cesser de sourire, elle me salue en me vouvoyant. Je lui tiens la portière, absolument charmé. Elle essaye tant bien que mal de grimper dans l’espace, exercice malaisé compte tenu de l’étroitesse de sa jupe. Elle parvient finalement a s’installer après avoir du la remonter jusqu'à mi cuisse, m’offrant au passage un examen furtif de ses magnifiques jambes.

 

Je la trouve pétillante, délicieuse, apétissante meme. Mais quelque chose cloche déja. Son nez ? Son léger accent tunisien ? Sa facon taquine de me vouvoyer ? Son air emprunté ? Impossible a déterminer. Mais je sais que je ne tomberai pas amoureux. Une soirée de perdue pour le cœur… Pour le reste, à voir… Nous papottons en riant. Elle me guide dans ce Paris que je maitrise à peine. Le contact est facile, plaisant.

 

Je l’emène rue Saint Anne, dans le quartier de l’Opéra, pour manger de sushis. Cette rue, longue et étroite, sens unique ingarable, regorge de restaus japonais. Une concentration toute niponne. Je n’étais plus venu dans le quartier depuis la triste époque de Mademoiselle Hell.

 

Etant donné le port et la mise de ma compagne, je ne choisis pas le moins cher des restaurants et pour me remercier elle ne choisit pas le moins cher des menus. Mais comme Yam la veille, j’ai à faire a une buveuse d’eau. Tant mieux pour mon estomac, encore mal remis de ses exploits de la veille et pour mon portefeuille, en perpétuelle anorexie.

 

Sirinne me raconte ses multiples rencontres sur le net, son principal vetcteur social, depuis la Tunisie jusqu’à Paris, ses 3 fillancailles, ses études la-bas, son arrivée ici, il y a 4 ans… Elle me dit etre la femme parfaite, sans défaut et il est vrai que les qualités qu’elle s’attribue sont celles que je recherche ; générosité, soutien, dynamisme, implication mais aussi beauté, sensualité, tendresse, etc… Mais définitivement le déclic ne se produit pas. Les éléments sont là, mais rien ne s’embrase en moi.

 

J’en dévoile très peu sur ma vie ce coup-ci. Sirinne aime parler. Ca me plait beaucoup. Je suis fatigué et ne demande pas mieux que me laisser emporter par sa conversation. En échange, je lui offre mon regard le plus attentif, le plus souriant. Nous terminons de diner, les plateaux de poisson cru étaient vraiment excellents. Je lui propose un verre a Montmartre avec dans l’idée une chute a domicile, pour flirt et bagatelle si affinité. Arrivé dans le quartier, je tourne un peu puis renonce a mon projet. On tombe d’accord de pousser jusqu'à Saint Germain, quartier qu’elle affectionne particulièrement. J’aime la laisser diriger les opérations et se moquer de moi quand je cherche mon chemin.

 

Nous prenons un long verre sur la terrasse du coin Saint Germain. Je tente une Strawberry-Colada avec un grand perrier comme garde fou. Elle craque pour un thé rouge. Nous sommes assis « a la parisienne », cote a cote, pour mieux mater la foule qui défile. Et quelle activité frénétique, quel patchwork, quel catwalk infernal ! J’ai le tournis a force de voir passer devant moi tous les « derniers cris » montés ou moulés sur des pétasses en surnombre. Le « tout tendance » s’offre a mes yeux, jusqu’au plus farfelu. J’ai l’impression d’être en plein milieu d’un carrousel de clubbers et de smart cars. Bimbos, sauterelles, petits cons, bourges, fashions victims, bobos, petites connes, radasses, lolitas, tout passe, mélangé, devant mes yeux ébahis.

 

Evidemment, le coup de cœur de la soirée que j’avais repéré depuis quelques minutes de l’autre coté du troittoir, une longue brune aux yeux émeraudes, aux épaules nues et soyeuse, croisement parfait entre Pénélope Cruz et Julia Roberts, fonce droit sur nous, avec sa copine asiat en remorque, pas laide non plus, pour s’installer in extrémis a la table des deux jeunes blanc becs, cheveux pétard gominés de la table juste a coté. Cette créature, que j’aurais payé pour me laisser lui baiser ne fut ce qu’un sein, se tient assise de profil à moins d’un mètre de moi, histoire de bien me faire comprendre que je ne veux définitivement pas de Srininne, mais alors pas du tout. Mais qu’est ce qui me fait craquer chez cette ravissante poufiasse ? Son air mutin ? Son sourire parfait ? Cette innocence salasse ? Cette sorte de superficialité branchée ? Cette pitoyable confiance en elle, achétée a prix d’or dans les boutiques de modes et de cosmetique chic ?

 

Saint Germain me fascine et me saoule. Je n’avais jamais encore pris le temps de me laisser prendre. Dans le mouvement, je fesais partie de ce déor vivant, frénétique, décor que je découpe aujourd’hui de mon scalpel immobile, passif mais au combien attentif.

 

A la fin de nos verres, prétextant une fatigue digne héritière de mes exces de la veille, je propose de ramener Sirine chez elle. Je lui donne le bras, nous rions encore en chemin tandis qu’elle me détaille son expérience de tel bar, tel club ou tel resto au fur et a mesure que nous nous enfoncons dans le quartier. La caisse est garée dans le parking en face du WAGG. Le chemin se passe, souriant et badin, tres détendu. Rue de courcelles a deux plombes du mat en plein juillet, les places ne manquent pas. Bien entendu j’aide la demoiselle a descendre, avec en récompense, ce plaisir coupable de regarder encore une fois ces jambes si fines, si bien dessinées.

 

Comme si c’était tout naturel, une fois arrivé a son porche, elle me lance ; « tu viens ? ». Je lui emboite le pas. Je sais qu’elle vit dans une chambrette sous les combles, des anciennes chambres de bonnes typiques des immeubles hausmaniens. Apres un long couloir et une petite cour, elle ouvre une porte et m’annonce la couleur; 7 étages à pied… Je comprends mieux ses formes. Nous commenceons l’escalade. Je plaisante un peu entre le premier et le deuxieme étage. « Ne parle pas, garde ton souflle » dit elle en souriant large. Je m’en sors pas trop mal, un peu essouflé. Une porte puis une passerelle nous conduit entre deux toits jusqu'à sa piaule. Elle me sert à boire (des jus de fruits), me propose des amandes salées. Elle allume la télé (Ardisson s’invite dans ses 10m²) et se met a me montrer ses photos, ses fringues, ses souvenirs. Spectacle plaisant meme si mon préféré reste celui de ses jambes que j’ai suivi, hypnotisé sur je ne sais combien de dizaines de Marches et qui en cet instant découpent comme dees ciseaux des petits bouts de ce minuscule espace.

 

Apres avoir épuisé le matériel de la chambre Nesserine me propose de jouer au poker avec des dés. La partie dure. Nous nous frolons. J’ai parfois le visage pris dans ses cheveux, parfois les mains trainants sur son épaule ou sa cuisse. Battu 31 a 17. Elle me propose un gage ; aller chanter et faire la manche dans le métro. Je refuse. Elle me demande de choisir mon gagge. J’accepte et déclare que je choisirai plus tard. Sirinne se met ensuite en tête de me faire jouer au Rami.  Elle m’inflige une nouvelle défaite. Je décide de rentrer. Elle me propose de dormir la. Je lui dit que ce n’est pas raisonnable, l’embrasse sur les deux joues et repars vers l’escalier infernal.

 

Arrivé en bas, avant de récupérer l’espace qui m’attend, toute surprise de me voir marcher droit, je lui balance en texto : « désolé, mais je n’aurais pas pu résister ». Elle me répond dans les 30 secondes « Pas de pblm ! C’est tout à ton honneur Monsieur ! »

 

Alors que je rentre frais, sobre et tranquille, retraversant ces longs boulevards encore animés à 4h30 du mat, je me surprend a osciller entre fiereté et contentement. C’est a se demander si on ne m’a pas amputé de Monsieur K… « Tu veux que je te rappelle la beuverie d’ hier soir ? » me rassure monsieur J.

 

 


14:16 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

... le 17, le 17, le 17....!!!!!!!!!!!!!!!

Écrit par : emi | 04/08/2005

copy paste "On aimerait bien que le monteur coupe, copie et colle a l’infini ces infimes moments de pure légereté pour en faire une bobine complète. "
J'achète cash. C'est combien ?

Écrit par : catmey | 08/08/2005

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