07/10/2005

Hey Bay

Tant pis pour Santa Cruz. J’espere juste que la ville ne se sera pas effondree dans l’ocean avant ma prochaine visite. Car il y aura une prochaine fois. Cette cote est trop belle que pour etre survolee en a peine deux jours. Je slalome donc, plein gaz, entre les bandes dans un trafic de plus en plus dense alors que j’approche des premiers lointains faugbourgs de Fricso. De part et d’autre de la route, les constructions, d’abord eparses, ont tendance a se regrouper, a s’agglomerer en blocs de plus en plus longs. Les grands panneaux verts, mes seuls interlocuteurs fiables depuis deux jours, m’egrainent leur compte a rebours en miles dans ma course folle contre le soleil. Avant qu’il n’aille se noyer dans la mer, j’aimerais avoir mordu sur l’EastBay Bridge, pour m’offrir une large vue sur la baie avant d’en atteindre l’autre cote, de traverser Oakland puis d’atteindre Berkeley, terminus de mon escapade. La 101 se transforme en 80, longue highway qui sectionne la peninsule dans le sens de la longueur avant de se poursuivre sa course sur le pont mythique que je viens de mentionner.Je pense avoir encore mes chances alors que j’aborde la sllicon valey. Je traverse le berceau nouveau, le bassin de la civilisation du 3eme millenaire, la mesopotamie d’une culture nouvelle qui a vu se transformer des ideaux universels babas en realite bien tangible et cotee sur son propre marche. De part et d’autre de la route defilent maintentant, sur les sommets des bunkers desing et climatises, les enseignes des plus grand noms de la revolution.com. Ce sont, en quelque sorte, les barraquements de luxe des nouveaux prospecteurs de cette seconde ruee vers l’Or. San Francisco la bienheureuse. 18h30. Les premiers ralentissemet se font sentir alors que je depasse les sorties qui desservent Standford, l’universite eternelle rivale de Berkeley, situee presqu’a son exacte oppose cardinal de la ville, plein sud. Quelques minutes plus tard je me retrouve a l’arret, suffisament proche du cul de la bmw de devant pour pouvoir lire le texte de l’autocolant qui decore son coffre ; « Lord, help me to become what my dog thinks I am ». Apres une bonne pinte de rire et le constat sinistre que ma prgression ne se compte plus qu’en centimetres par minutes, je decide de decrocher par une sortie toute proche pour rejoindre les larges boulevards lateraux qui doivent, en toute logique, border l’autoroute. J’y retrouve une criculation plus fluide mais entrecoupee de feux. L’air doux sent bon la bouffe, un fumet omnipresent, extremement tentateur, relaye, repete, de bloc en bloc, par d’innombrables MacDos, Burger King, TacoBell, Subways, Pizza Huts, Jack in the box, Panda Express, et j’en passe des centaines. Je me refuse de ceder pour profiter au maximun du diner avec Luna. Par contre je m’autorise un bref arret dans une station service pour trouver une carte de la ville. Je la range encore sou cellophane dans la boite a gants au cas ou. Une carte ne me sert jamais a eviter de me perdre, non, au contraire, j’adore naviguer au pif et me retrouver completement paume. Je n’utilise une carte que lorsque la paresse, la fatigue ou un retard de plus en plus outrageant prend le pas sur mes petites aspirations aventurieres. Mais en l’occurrence je continue sans encombre mon chemin jusqu'à reconnecter la 80 sur un troncon plus fluide. Cette fois ci, la route s’eleve entre les collines. 19h10. Le soleil n’est deja plus qu’un souvenir. La luniere mourante dans le ciel delave, de plus en plus brumeux, donne aux collines et a leurs millions d’habitations serrees des teintes etanges declinees entre bleus et violets, percees d’innombrables points de lumiere jaune, autant de fenetres, de lucarnes, de doorlamps, comme saupoudrees sur de gigantesques vagues immobiles de beton. Et tout a coup, au detour d’un long virage, les premiers grattes ciels de San Francisco se decoupent ,bleu nuit sur bleu tiede. Ils sont plus modestes que ceux de New York, tremblements de terre obligent, mais parfaitement intimidants pour mon humble echelle europenne. Attraction des masses, je me retrouve bientôt a criculer a travers ces geants, dans des rues en pente infernales que remontent des trams et quelques courageux cable-cars. A chaque carrefour, le cabrio m’offre, quand je leve les yeux, une sensation inouie de vertige a l’envers, une contre plongee infernale de mon infime point de vue vers ces cimes artificielles, le longs des parois verticales d’acier, de verre et de beton. Je suis en train d’ecouter en boucle une compil d’electro. Dans la voiture, j’ai pousse le chauffage pour combattre la fraicheur de la nuit tout en me permettant de ne toujours pas recapoter. Je tourne et tourne encore dans le quartier des geants pour finir par trouver la rampe d’acces au pont qui me propulse sur une longue cinq-voies couverte. De part et d’autre je devine la presence obscure des eaux de la baie. A ma gauche, les colosses abandonnent lentement la course. Je nargue a present leur 20 ou 30eme etage, juche sur le pont, alors qu’il y a quelques minutes je rampais encore entre leurs orteils. Dans ce sens la circulation s’effectue a l’etage inferieur du pont. J’imagine au-dessus de ma tete les cinq autres bandes de circulations, cargees, en sens contraire, a l’aire libre… « Bientôt » me dis-je en souriant. A mi course l’EastBayBrdige reprend son souffle et repose ses longues jambes metalliques sur la providentielle « Tresaure Island » avant de se lancer a la conquete de l’autre moitie de la baie. J’atteris a Oakland avec un profond sentiment de jouissance, j’approche du but et je viens de traverser un des ponts les plus celebres au monde. Toujours plus loin on annonce 4 sortie pour Berkeley. Je decide de jouer la deuxieme et me retrouve sur une belle grande artere qui me laisse presager que je suis tout proche. Je pose ma voiture momentannement sur le cote et apelle Luna ; « voilà Honey, je suis sur University Avenue… Comment je te retrouve ? ». De l’autre cote du fil sa voix enjouee me donne des consignes relativement simples que je resume a voix haute « Ok alors tout droit jusqu'à Oxford, puis a gauche jusqu'à Telegraph et puis au 2eme ou 3eme feu je devrais trouver Stuart, et la, a gauche ». Je me debrouille sans probleme jusqu'à telegraph avenue, mais une hesitation sur la suite me fait la rappeler. Elle deccroche alors que je pousse un juron de depit d’avoir tout juste depasse son croisement… Un demi tour une rue plus loin, je tourne a droite et m’engouffre dans sa rue, je vois Luna, portable a l’oreille qui se dirige vers moi. Sourires mutuels immediats. Pourtant je dois faire peur a voir. Je fais « Vraoum Vraoum » avec la caisse et puis lui lance ; « Une petite ballade en convertible baby ? ». Le temps pour elle d’eteindre quelques bougies, de fermer la porte et nous voilà parti. Elle reflechit un instant a un ittineraire de ballade aperitive puis me guide avec precision vers les hauteurs de Berkeley. Je donne de l’accelerateur a loisir. Elle se marre franchement tout en me faisant un rappel de principe sur la souplesse legendaire de la police californienne. Elle me demande si j’ai pu voir la ville, je lui reponds que j’ai pu a peine la deviner, le soleil ayant au final gagne la course sur sa route, infiniement plus degagee que la mienne. Ma reponse l’enchante ; elle aura le plaisir de me faire decouvrir sa ville. La Chrysler avale encore quelques lacets et epignles a tout allure. Nous s montons tres haut, les apics deviennent vertigineux. Je devine un point de vue fantastique qui s’epanouit a ma gauche. Luna me repete tendrement « Ne regarde pas, ne regarde pas encore ».Nous arrivons presqu’au sommet d’une colline boisee ou s’accrochent divers batiments du campus de Berkeley. Un petit parking nous acceuille. Nous garons la voiture perpendiculairement a une barrierre d’acier, assez basse, qui separe la colline du vide absolu. Et la, devant mes yeux grands ouverts, bien trop petits cependant pour absorber ce qui s’offre a ma vue, devant nous se deroule un tapis lumineux, infini, hallucinant bien au dela de l’horizon. A la verticale, il y a Berkeley, puis Oakland, puis la masse impressionnante des eaux noires de la baie, par dessus lesquelles sont jetees les traits incadescants de l’eastbay bridge et du golden gate et la peninsule tout entierre qui scintille, etiencelle, brille de mille feux. Je retrouve des sensations proches de ma descente en avion sur Los Angeles de nuit, quelques jours plus tot, mais en plus intenses, comme si le vol etait suspendu, arrete par la beaute du spectacle, comme si le temps s’etait fige sur cet eclat immense de feu d’artifice colle au ras du sol, comme si la ville se pamait de nous offir son incendie artificielle. Bouche bee, je sens des larmes me deborder des yeux tandis que je remercie silencieusement cette grande Dame d’avoir revetu sa plus belle robe de strass pour mieux me seduire. Et comme pour me repondre elle laisse planer sur sa baie le plus gigantesque des sourires.Emu, je remercie Luna pour ce cadeau merveilleux, point final parfait de ma promenade les cheveux au vent sur plus de 660 miles. Une apotheose inoubliable. Je crois voir luire les phares de la Chrysler. Nous remontons dans le bolide pour aller diner.To be continued.

00:05 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

. info en simultanée et sourire par procuration

Écrit par : Dame | 07/10/2005

; ) Ca fait plaisir de te lire heureux!

Écrit par : raph | 07/10/2005

Woaouuuuh... ...on s'y croirait.
Viiiite, la suiiiite!

Écrit par : Luna | 07/10/2005

Roh la la arrête ça tt de suite, ça me donne trop envie d'y retourner! C trop génial, quel récit!!!! ;)

Écrit par : nauscaa | 07/10/2005

Euh... J'arrive tout de suite, attends deux sec, je fais ma valise :)

Écrit par : Raf | 07/10/2005

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