15/11/2005

Retour au pays des zombies

 

 

La période de décompression est terminée. En théorie seulement. L’Europe a acceuilli mon retour sans trompettes ni tambours, mais avec un soleil fou, tout de meme , paumé trop haut dans un ciel d’automne, et quelques journées de délices calées bien au dessus de la barre des 20°. Bruxelles comme Paris se prélassaient de terrasses en jardins, de mini jupes en chemises ouvertes. Aubaine. L’été jouait sa partie bien au dela des prolongations habituelles. On était tous dehors.

 

Mais le royaume des ombres a fini par l’emporter. Des pluies mesquines, des journées rabotées d’une heure puis grignotées minutes par minutes, l’arrivée brutale d’un air traitre, trop frais, et c’est tout l’univers qui a basculé. Maussade. Amer. Les politicens se sont remis a proférer, les voitures ont flambé, les attentats ont repris un peu partout, la grippe du poulet rode au dessus de nos têtes, chargée des inquiétudes de toutes les voix spécialistes de l’OMS qui nous prédisent la mortelle mutation. Certains pays préparent la Bombe, d’autres tabassent des journalistes. Maussade.

 

Bien que couvert à partir de 22h, le feu des banlieues couve toujours. Et dans l’ombre de cette chaleur imbécile, le poing serré d’une droite qui nous fait horreur, progresse sans faiblir, dans le cœur et la voix des enfants de la république. Dialogue de sourd, divorce d’idiots, solutions trop simples pour être honnêtes. Maussade. Les rues sont sales. Elles sentent le gazoil et l’urine. J’ai vu des rats mouillés courrir le long des facades tagées.

 

Il est mort, le soleil d’octobre.

 

Dans l’obscurité, nos peurs reprennent des forces, relayées et amplifiées par des médias puissants et simplets, dans l’espoir de vendre, vendre et encore vendre. Elles rampent, a l’affut, dans les rues, dans le métro, dans les banlieues, dans les cœurs . Elles s’exposent, elles défilent, sur les podiums de tous les 20 heures de France, son et image. Elles provoquent notre violence, raccourcissent nos pensées, nous donnent envie fuir ou de nous battre, plus même d’aimer ou d’être aimé.

 

Le royaume des ombres a son apogée. Mines grises, visages tirés, yeux confus, profils grimacants, découpés dans la lueur blafarde d’un téléviseur malsain. Le président a parlé. Moins d’audience que la Starac. Dommage. Faut comprendre. Entre choisir de relever ses manches a l’appel d’un vieillard acquilin pour construire ensemble une nouvelle Nation ou se laisser bercer par le reve fumeux que la médiocrité, la pauperisation intellectuelle et culturelle peut conduire chacun a la gloire et la fortune, les cœurs ne balancent plus. Ils sombrent.

 

Qui a dit « Quand une société commence a s’occuper du bonnheur des individus, c’est la décadence » ?

 

Rien a foutre, moi d’abord. J’aurai des Nikes et une bagnole de reve, une pute sous chaque bras, sans faire le moindre effort. Rien a branler de bosser. Mes héros sont les grands gagnants de la médialotterie de la médiocratie. Je vis dans dreamland. Le chomage est un mensonge. Zidane et Loana sont réels. Sarko est people. J’ai la gerbe.

 

Je reve d’un monde ou une révolution brutale trouverait a s’exprimer dans n’importe quel foyer, plutôt qu’au pied de l’urne. Un monde ou chaque être humain poserait l’acte citoyen de balancer sa télé aux ordures.

 

Belle réduction de la facture énergétique. Bel élan vers une démocratie consciente, vers un réenrichissement culturel, vers la reconstruction de communeautés familialles, urbaines, nationales, européennes, mondiales, un pas énorme franchi vers la réappropriation de désirs vrais, d’envies saines.

 

Balancez cette merde hors de chez vous. Avant de voter a droite de la droite, avant de faire flamber la moindre carcasse de bagnole, avant meme de penser a acheter un jeans, une paire de pompes ou le repas du soir, avant de recommencer a avoir peur de tout pour rien, a avoir envie de tout, pour n’importe quoi. Foutez la dehors, avant qu’elle ne vous fasse croire que noel se réusme a l’achat de cadeaux, que pour séduire une belle, il faut la payer, que l’amour se confond avec le pouvoir d’achat.

 

Renvoyez les vampires dans leurs cerceuils, plantez leur un pieu dans le cœur, libérez vous de vos putains de chaines cablées.

 

 


18:51 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Depuis le temps... J'ai jeté ma zapette quelque part entre 2 coussins de canapé...

Écrit par : Mr P & Mr F | 15/11/2005

De retour... et en force, à ce que je vois! ;)

Écrit par : nauscaa | 15/11/2005

Enfin posé sur terre ! C'était bien long sans un post. J'étais en France ce WE, rien vu. On a refusé de m'assurer pour la voiture: je voulais élargir à l'incendie ! N'importe où mais pas en France qu'ils ont dit !
Au plaisir de te retrouver.
Bisous

Écrit par : Marirose | 16/11/2005

Les commentaires sont fermés.