17/01/2006

Hiver sur le dernier terrain vague

 

On s'est réveillés emêlés. Un Samedi lumineux inisistait silencieusement, a travers les vélux, a ce que nous quittions la couche douilette pour venir le saluer, dehors. En essayant de récupérer nos bras et nos jambes respectives, nous nous sommes aimés en plein jour.  Merveilles de la promiscuité des corps. Je me suis effondré de plaisir dans ses cheveux blonds en bataille. J'y ai repris mon souflle tandis qu'elle me serrait avec tendresse.

 

Puis chacun a repris son role. Une comédie de grasse matinée... Elle voulait bouger, je voulais trainer. Nous nous sommes activés, lentement, comme pour profiter encore de cet "ensemble" qui s'achèverait le lendemain matin.

 

En perspective, une promenade a Oostende, pour aller récupérer un petit fauteuil rouge (du designer FinnStone) glané sur Ebay. Le vendeur est sympa. Fou de desing. Je baragouine un flamand de cuisine, suffisant apparement pour me faire vaguement comprendre. Dans la foulée il essaye de me fourguer des copies de Panton et une fauteuil long "Lecorbusier" en cuir et acier véritable. Nous nous retrouvons vite a parcourrir ensemble la bible "1001 chairs". Breuer, Bertoia, Jacobsen, Aarnio, Eames, Verner Panton, Nogushi, nous avons les mêmes gouts. On reste en contact. D'autres copies doivent lui arriver bientôt d'Italie. Comme si je manquais d'occasion de claquer du fric. Nous repartons avec cette espece de petie sphere en fibre de carbonne peinte en rouge métalisé, aussi splendide qu'inconfortable.

 

Longue promenade sur la digue. La mer est magnifique. Du casino au "Pier" nous marchons bras dessus bras dessous, laissant le vent mordant nous faire souffir les quelques malheureux centimètres carrés de peau qui dépassent de nos emitouflages. Tout autour circulent d'autres gens. Trois catégories. Les couples (majoritaires) les promeneurs de chiens et les joggers téméraires.

 

Le coucher de soleil, radieux, rivalise de tons rouges, roses et orangés. L'alignement frole la perfection... L'astre sombre dans la mer tout au bout de la longue droite de la cote, a l'extrême gauche, tandis qu'a l'autre bout, à l'exacte opposé sur la meme ligne, se lève une lune blanche, pleine, ronde, éblouissante... Nous sommes le point fixe du cadran, à la naissance des aiguilles. L'univers tourne autour de nous.

 

J'essaye de prendre une ou deux photos d'elle, à la dérobée. Mission impossible. Je me fais pardonner mes humeurs paparazzi par un baiser givré.

 

Au bout du ponton, il y a des pecheurs a la ligne qui se disent aurevoir et des goélands qui se réjouissent de pouvoir enfin manger seuls. Il y a aussi un couple d'amoureux qui s'en va. C'est notre tour.

 

Plus loin sur la plage, au centre d'un petit attroupement de baraques de plages qui distribuent du vin chaud et quelques trucs gras et trop cuits, il y a une petite montagne de sapins empilés les uns sur les autres. Ce soir, ils y mettront le feu.

 

Nous découvrons un petit lounge bar attenant a une galerie d'art, sur la dingue. Immeuble ArtDéco, petites salles magnifiquement restaurées, habillées de blanc et de beige. Un endroit qu'Angélique aurait aimé.

 

Nous nous sourions au dessus de son thé et de mon Irish Coffee. Dehors, la nuit à dévoré la mer, dont il nous reste quelques photos, en souvenir. Nous parlons peu. Nous nous regardons beaucoup. Nous nous découvrons sans forcer. 

 

Such a perfect day.

 

16:58 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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