06/02/2006

Un Connard au Paradis

 

La rue du Paradis croise celle du Faubourg Poissonnière. No comment. On a vu des associations plus délirantes. Sens unique. File unique. Je déambule sur le troittoir, coté gauche. 13h. J'ai la dalle. Mon premier rendez-vous de la semaine s'est bien passé. Show Off, je retrouve ma réalité grise et polluée. Il y a dix minutes j'étais l'Avatar de ma boite Star face a mes interlocuteurs aux yeux brillants. Je fais envie par procuration. Belle revanche pour toutes les fois ou je n'ai jamais réussi a attirer le moindre regard.

 

Bref, dans la rue, j'encours les memes risques que n'importe quel quidam. Marcher dans la merde, me faire éclabousser ou bousculer. Ma panoplie business n'est pas garantie contre les chocs de la vie réelle. Invincible en bureau, immortel derrierre un téléphone, surpuissant avec la télécomande du vidéoprojecteur, je redescends sur terre le temps d'emprunter les transports en commun.

 

Une file de bagnole patiente devant le feu. Un avertisseur braille, a répétition.Une petite saxo rouge, mal en point, griffée et bossue, tente de déborder la file par la gauche a grands coups de klaxon. Je tourne la tete. Le type est maigre, des yeux de déments, des joues tendues sur des muscles maxillaires saillants de stress. Je choppe son regard, fronce les sourcils. Il baisse sa fenêtre et me lache au passage : "Et quoi, je kaxonne et ca t'emmerde, et je m'en fous, c'est mon plaisir a moi". Je m'arrete, me tourne vers sa portière, me baisse un peu et lui balance en souriant : "Vous devriez peut-être vous vider les couilles plus souvent, ca vous ferait du bien !". La main gauche du type saisit la poignée intérieure de sa portière. Le feu passe au vert. Il crève d'envie de m'en mettre une, c'est clair. Mais le feu est vert et a présent c'est lui qu'on pousse a coups de beuglements... Je ne bouge pas. Un coup d'oeil sur moi, un autre sur le feu. Les kaxons repartent. Il se ravise et me jette : "Connard". Alors qu'il avance, je lui rends "Pigalle, c'est un peu plus haut, bonne journée".

 

Sa Saxo file toute nerveuse de frustration vers un autre carrefour ou je me prends a espérer qu'un autre connard lui règlera son compte.

 

Comme on dit ici : "Ca c'est Paris"

 

 

 

14:06 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Ouais, je sais... Pigalle ou Comment bourses délier...
(Pfff...)

b.

Écrit par : bergm4n | 06/02/2006

*** Ach, Paris ist Paris...
lol
Je crains que ce ne soit pareil ailleurs...
Et puis c'est pas beau de se moquer des gens ;o))

Écrit par : La Fée Carambole | 08/02/2006

Arrrêêêtttteeeee.... Est-ce la virilité décalée, le cynisme absolu ou le double Toi qui me font avoir des poussées d'adrénaline, mais tu projettes un miroir comme je me vois en caméra quand je suis en réunion.... j'ai beau porter ma féminité comme d'autres le pantalon, je bande à l'idée qu'un jour, je pourrais rencontrer un adversaire de ton envergure. Imaginer qu'un de mes clients, partenaires... cibles jouerait le grand jeu en décalé me procurerait une joie orgasmique, et m'éviterait le récurrent dégoût de moi après chaque coup gagnant. Je suis une imposture et personne ne le sait. Or, je crois que nous sommes relativement nombreux à jouer. Donc, qui joue et qui y croit, c'est ce que je me demande à chaque fois. Perso, j'utilise plutôt la feuille de rose que la vaseline... question de genre je suppose.

Écrit par : Lucie | 09/02/2006

la rue qui mène au Paradis Amusant le plan de Paris : la rue de la Fidélité mène au Paradis, mais la rue du Paradis ets bouchée suite à des travaux. Métaphysique tout ça...

Écrit par : Somebaudy | 12/02/2006

Les commentaires sont fermés.