06/04/2006

Errance

Et puis, arrive un jour ou l'on a plus rien à faire...

Le pied non ? Trainer au pieu, j'usqu'a plus soif, jusqu'a sentir ses propres muscles se dissoudre d'incactivité, jusqu'a regarder passer les heures du jour sous la faible lueur qui filtre d'en dessous du volet... Le lacher prise complet, la parfaite déchéance. Au planning ? Il n'y a rien. Soudainement, c'est le vide le plus absolu. "Je" deviens mon seul et unique sujet de préoccupation. Et pour ce que je m'en préoccupe, ca ne pèse pas grand chose. Quoi de plus normal apèrs tout, qui m'as appris a me faire vraiment passer en premier dans mes aspirations quotidiennes ? Personne. Il y avait toujours quelque chose de plus urgent, de plus important, de plus fondamental a faire passer avant. Je me rends compte avec une certaine amertume que ce "moi" que j'aspirais à retrouver, à vivre pleinement, n'était qu'un fantasme, qu'une évastion, une sorte d'échappatoire pour mes heures de cadres trop remplies. Ce moi n'existe pas vraiment. Il n'est qu'un insctint animal qui souhaite se nourrir et dormir autant que possible. Ce "je " que je croyais si important n'existe que par la force de la contrainte. Laissé a lui même, il devient une flaque dissolue de désirs primaires sans autre fondement que leurs satisfaction immédiate.

Alors oui, j'ai laché la cravate. Pendant une bonne longue semaine je me suis goinfré de grasses matinées et de promenades inutiles, je me suis gratté les couilles dans le canapé en jouant a la playstation sur l'écran démesuré du vidéoprojecteuir, loin, très loin de tout ce que je m'étais promis. J'ai passé mes journées a trainer de cafés en boutiques. Montmartre, c'est le bonheur de la boheme. Oui, j'ai glandé, jusqu'au dégout de moi meme. Pas comme des vacances, non, ces choses là ont une fin, mais plutot comme une fin de soi aux allures de fin du monde. Juste vivre avec un objectif zéro. Rien à prouver. A personne. Regarder les heures défiler au reveil, se renfrogner la tronche dans l'oreiller et s'accorder une heure de plus sur un temps que plus personne ne compte. Sans contrainte je n'existe plus. Je suis. Et je ne suis pas habitué à être.

La tronche décalquée, les cheveux en bataille, la barbe naissante, je me suis retrouvé face a moi meme. Je n'ai vu qu'un animal avide de sensations.

Dans mes boites mails s'accumulent les invectives. On voudrait que j'écrive, on voudrait que je me manifeste. Des lecteurs, des amis, des parents memes, quel que soit le degré, me tancent et m'exhortent a sortir de ma lethargie. Tout ces mots me font exister en dehors de cette sphere de chair et de m'enfoutisme que je trimballe depuis quelques jours. Mais sachez néanmoins que je découvre le vrai vice de l'écriture. Car tout ce que j'ai écrit, je l'ai puisé sur du temps volé, comme un congé clandestin, une libération clandestine sur des heures payées, un exutoire, un défouloir de première classe. J'écrivais sous la puissante contrainte de la vraie vie. Et la, face a moi meme, je dois bien avouer que je bulle. La véritable écriture est affaire de discipline. J'en manque gravement. A l'image de tous ces gens qui ne prennent la plume qu'au plus mal d'eux meme, j'ai besoin d'être contrit, mutilé, atteint, blessé, martyrisé, défait, floué, baisé ou torturé pour laisser couler les mots en dehors de moi.

Comme ce soir, par exemple, j'ai du attendre l'ivresse, pour qu'au bord de la nausée, je vienne coucher ces mots en résistant a l'envie pressante d'aller retourner le contenu aqueux de ma panse aux abysses de mes chiottes. Je me suis promis d'écrire deux heures par jour a partir de la semaine prochaine, la fin de mes vacances. Je vous expliquerai un peu mieux la fin d'une existance et le début hasardeux de celle-ci.

Mais, en dépit de ce préambule foireux, je voulais surtout laisser un "MERCI" capital a tous ceux qui m'ont appelé, écrit ou visité, y compris à ceux qui m'ont a proprement parlé "engueulé" pour que j'écrive. Ce que je fais est merdique, jusqu'au bout de l'étron. Mais vous n'avez pas idée a quel point chaque commentaire, chaque mail, chaque appel, chaque mot laché autour d'un verre m'est d'un profond réconfort. Chacune de ces phrases me lie au monde des vivants. Et Dieu sait si, dans mon errance, j'hésite a vouloir y retourner.

 

I'll Be Back.

 

 

 

03:47 Écrit par Jorael | Lien permanent | Commentaires (23) |  Facebook |

Commentaires

Courage Juste un ptit mot d'encouragement d'un lecteur qui te suit depuis longtemps et qui apprécie tjs autant ton écriture, tes points de vue ...

Je pense qu'un nouveau départ est le début d'une nouvelle vie encore meilleure que la précédente !!

A bientot

X.

Écrit par : Xav | 06/04/2006

- Je me tais où je me prends des baffes?

LES DEUX. On passe, à tout hasard, une ou deux fois par jour, entre deux sessions web pour jetter un oeil à une page en Hypersomnie, encore toujours et depuis trop longtemps, on se rend compte qu'en fait quand il n'écrit pas quelque chose manque, et un soir on rentre chez soi, le nez dans une gamelle de reste, on se connecte, on jette encore un regard "au cas où" et là, l'Errrance, alors on branche Mogwaï et on plante ses restes pour dévorer ceux que lui a laissé là.

Et on sourit.
Parce que tes restes sont toujours meilleurs que les miens.

We'll W84U.

Écrit par : Carole | 06/04/2006

Enfin un petit mot C'est vrai que c'était long de passer régulièrement et toujours rien, silence radio.
Bon, maintenant que t'es reposé tu vas pouvoir raconter tout ce que tu observes hein ! Ton avis est toujours intéressant, sur n'importe quel détail.
Tu es de la race des êtres vivants qui laissent des traces, continue de tracer ton chemin !
Bises

Écrit par : Marirose | 07/04/2006

moins c'est moins, plus c'est plus Comme d'habitude, plus t'en fais et plus t'en fais. Moins t'en fais, ben... moins t'en fais. En fait :)

C'est cool de se déconstruire pour se reconstruire. Un peu anxiogène pour qui n'est pas habitué. Mais n'est-ce pas ce qu'il faut pour casser la carapace ?

Autour de moi, toutes et tous se vengent à grands coups de bonnes résolutions post-premier-janvier et pré-renouveau-printanier (de saison si on regarde par sa fenêtre, à Paris, aujourd'hui) : arrêter de fumer, pratiquer le régime riz complet uniquement pour purifier l'organisme pendant 1 mois, l'autre hurlera en disant que, non, c'est le régime au raisin qui marche le mieux... Enfin, ce qui est bon pour soi, comme on le sent, j'imagine, c'est ce qui compte.

Prends le temps de t'écouter et de faire tes trucs jusqu'à t'en dégouter. Laisse pisser. Gave-toi de paresse. C'est le vrai luxe. Parce que tu sais qu'il va être de courte durée. Tu le sais. Les bonnes choses ont une fin.

Faut croire que le poil et le cheveu ont beaucoup à faire là-dedans. A les laisser pousser, en friche, pour les tailler symboliquement au moment que tu choisiras opportun. Tu te souviens qu'il n'y a pas si lontemps tu nous racontais l'histoire du gars bronzé et échevelé au volant de sa tire, au cours d'un voyage pas si lointain in America ?

Playlist d'accompagnement :
1 * horse with no name * america
...I've been through the desert on a horse with no name
It felt good to be out of the rain
In the desert you can remember your name
'Cause there ain't no one for to give you no pain...

2 * perfect day * lou reed
...Just a perfect day,
Drink Sangria in the park,
And then later, when it gets dark,
We go home...

Écrit par : catmey | 07/04/2006

OOOUUIII!!!!!! Tu vois que tu pouvais le faire... et que nous faisions bien de t'attendre.
Merci de nous dire merci , mais sans toi et tes textes, les blogs, ça le fait pas!!!!
Et surtout... t'arrête pas...
Go on boy, go on...

Écrit par : Nath | 08/04/2006

Nttttt passssssssssssss biennnnnnnnnnnnnn

je t'embrasse.

Écrit par : Appia | 08/04/2006

Yessssssssssss He's Back...

Content de te relire, mon navigateur commençait à avoir faim de bonne lecture ;)

Écrit par : MrP_MrF | 09/04/2006

Merci je suis tombé sur votre blogg par pur hasard...mais quel bonheur...j'ai simplement l'impression d'avoir trouver mon binome...monsieur K ou monsieur J: les 2 me vont trés bien.
quel plaisir de vous lire...j'ai comme l'impression d'avoir trouver mon frére de pensée...
même état, mêmes envies...tout pareil
à la recherche d'un ailleurs meilleur...
un grand merci pour cette lecture et à trés bientot.
nounours_68

Écrit par : nounours_68 | 09/04/2006

génial ben merde, moi qui te disais aujourd'hui que je m'inquiétais de ne plus avoir de nouvelles de toi parce que ton blog restait silencieux!!! Ca fait 4 jours que tu as posté quelque chose. J'ai encore mis les pieds dans le plat, comme d'hab. Je suis contente que tu te remettes à écrire, ça me rassure bizarement. big poutous et merci.

Écrit par : chaton | 11/04/2006

La nausée Va jusqu'au bout de la retraite en toi mais ne lâche pas le fil qui te permettra de sortir de la caverne. Ecrire, oui, dans la souffrance ou l'émotion heureuse... d'un rien peut venir l'intensité. Ton blog n'est pas un hasard, c'est mon ptit doigt qui le dit.

Écrit par : Boudlard | 12/04/2006

Quel plaisir de retrouver tes écrits! Tu sais la vie est un combat de ts les jours, il faut tjr garder espoir, la roue tourne et peut-être que demain elle tournera vers toi!?...
Bien à toi!

Écrit par : nauscaa | 12/04/2006

Tout vient à point à qui sait attendre... Pour moi c'est clair ; tout est dans le "I'll be back"...
I trust you, Georges. You'll be back, and you'll be back 'big deal'.

Écrit par : Defi Joorst | 13/04/2006

t'as l'bonjour d' Henri ...

ne mange pas tout l'oeuf de Pâques en une fois, ça donne la nausée.

Écrit par : xian | 15/04/2006

Recyclage Et dire qu'il y a des petits cons qui viennent se régaler de ce genre d'errances masturbatoires et dénuées du plus petit intéret pour le genre humain en général.
Sans doute viennent -ils contempler l'anar narcico qu'ils n'osent pas devenir eux -même.
S'ils voulaient aussi se vautrer dans la merde dans le boulot,ou la glandouille chomdu, il leur suffirait de faire comme toi : baisser son froc et se chier dessus en public .
Alors, cher ami, comme tu le fais pour eux, attends toi à ce qu'ils en redemandent encore : on ne tue pas un pareil tube digestif, on le gave.

Écrit par : Vioc | 16/04/2006

du réalisme j'adooore!

Écrit par : franck | 19/04/2006

profiter du temps de "liberté" qui t'est imparti pour sonder d'autres lieux; toi, peut-être?
le hasard n'existe pas, on en fait donc ce qu'on veut.
le riquiqui 2 étages en-dessous est un vilain sans compassion. Un naze, quoi.

Écrit par : fun | 25/04/2006

Surenchère J'applaudis des 2 pieds Mamzelle Fun... et puis, juste une pensée Jorael, pour que le soleil brille à nouveau dans ton splendide cerveau. Et cascade de joie dans tous tes Toi du haut et du bas.

Écrit par : Boudlard | 25/04/2006

Les bizzareries de la vie... Il y a un an tu appelais à tendre la main à Emi... et là aujourd'hui, c'est à toi qu'on a envie de la tendre... ce que je m'empresse de faire par clavier, écran et souris interposés...
A bientôt

Écrit par : Nath | 25/04/2006

Voyage... Il y a aussi le voyage, découvrire des ailleurs, des là-bas qui aident à relativiser, à se découvrir...heureux.

à bientôt!

Écrit par : Activista | 02/05/2006

| Mais, allez, putain, dis quelque chose.

Écrit par : . | 02/05/2006

Détonateur On y retourne Mec.
sourire.

Écrit par : Appia | 09/05/2006

Que gagne le 123000ème visiteur? De tes nouvelles, peut-être?

Bon dimanche

Écrit par : Nath | 14/05/2006

on dirait que t'as perdu le planning ...
t'as vu c'ki reste encore à faire ?

Écrit par : xian | 18/05/2006

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