29/04/2007

Extinction des feux de détresse

Sur le papier, ça a l'air d'une simplicité biblique, aligner des mots au sujet de son propre plat quotidien... Mais ma plume est aride, asséchée. Et pour cause, le réservoir dans lequel j'allais puiser de quoi m'étaler et me répandre est lui même totalement a sec.

Imaginez plutôt ; Il fait 30° dehors, un soleil inouï baigne le béton et le bitume de mon village capitale. Les rues pullulent de sourires ravageurs, de gambettes à nu et de nombrils impudiques. Bières et cocktails rafraîchissants se dégustent sur toutes les terrasses. Les fêtes se multiplient, les barbecues se succèdent et moi, je reste enfermé ici, dans mon duplex rouge, a jouer au poker en ligne, m'éclater a la Playstation projetée en 2m de diagonale, ou plus simplement occupé a lire, à roupiller, picoler, zoner...

J'ai plus mis un pied sur un dancefloor ou dans un bar branchouille depuis des mois. J'évite comme la peste les soirées pour  privilégier, de temps à autres, un petit dîner en comité restreint. Mon propre anniversaire cette année s'est limité a une douzaine de convives alors que l'année dernière, l'appart débordait de monde jusqu'a l'aube. Je ne drague plus. Je ne flirte plus. Je n'ai même plus le goût, l'idée ou l'envie, même lointaine, de tromper ma légitime. Ma libido, en dépit du printemps brûlant que nous traversons, reste prisonnière des glaces solides du zéro le plus absolu.

Ne me plaignez pas, je ne suis absolument pas malheureux, que du contraire. La paix. La liberté. L'expression parfaite de mon égoïsme médiocre me satisfait. je suis le mollusque jouissant de sa coquille. Je suis la vache dans le train absorbant de ses yeux mornes des kilomètres de prairies sans vie qui défilent en parallaxes a 300km/h. Ca ne va pas. Mais ca me va bien. Ou pas trop mal. Qu'en sais-je après tout ? Avec quoi puis-je comparer, puisque tout a depuis si longtemps le même goût fade ? Ais-je oublie le parfum du vivant, la saveur de l'amour, l'ivresse de la joie ? Qu'est ce que signifie cette pesanteur, cette insensibilité, ce "no feelings land", ce calme plein, silencieux, boueux, dans lequel je m'enlise ?

Je ne picole plus, j'ai arrêté de fumer, je ne baise pas, je ne sors pas, je bouffe, oui, je me remplis de cette satisfaction rassurante, quelques fois par jour. Je suis une lampe en mode veilleuse. Doucement, je m'éteins. Ou suis-je ?

21:08 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

héhé, tout vu! OK, cet état s'explique par le post suivant! :)
Mal aimer est pire que de ne pas aimer du tout!

Maintenant, vis ta souffrance (je sais que tu as besoin de ça), et ton appétit reviendra petit à petit, pas de soucis!

Écrit par : Mel in London | 08/05/2007

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