14/09/2007

Quelques heures avant l'Amérique...

Par la fenêtre de mon bureau, qui donne, bien heureusement, sur un beau jardin touffu piqué de grands arbres, je regarde les feuilles roussir et tomber doucement, dans la lumière oblique d’un été qui décline sans avoir connu son apogée… Ciel bleu pale, trop timide pour être beau. Il fait frais. Mais pas suffisamment pour étouffer mes envies d’ouvrir le cabrio et de rouler cheveux au vent… Sur mon bureau, une pile de factures attend en silence que je daigne la contrôler. Mais impossible de me concentrer sur mon taff aujourd’hui. Pas juste « difficile », comme tous les autres jours, mais définitivement impossible. Je suis déjà ailleurs. Je suis déjà dans cet avion de lundi, je suis déjà en train de survoler les nuages lourds, qui minent l’Europe du nord pour découvrir émerveillé l’atlantique miroitant a l’infini les éclats d’un soleil enfin libre. Je suis déjà en train de scruter la cote est du nouveau monde, avant de m’apprêter a le traverser, en plein ciel. Go West ! J’amorce déjà la descente en survolant la Baie et ses ponts vertigineux. Déjà je me pose a Frisco pour serrer dans mes bras PaulE et Luna, qui m’ont convié a leur mariage, et embrasser pour la deuxième fois, la Californie toute entière, cette terre magique qui manque a mes rêves depuis deux ans… Je suis déjà en vacances.  Je suis déjà à Oakland pour les préparatifs de ce jour d’amour et d’union, je suis déjà en promenade dans les rues en pentes, dans Chinatown, Union Square, les Piers… Je suis déjà en route pour Vegas. Je suis déjà assis à une table de Poker, à discuter le bout de gras avec des Ricains de tous les états. Je suis déjà en train de me faire dorer la pilule sur le bords des piscines délirantes des hôtels qui bordent le Strip, je suis déjà en train de traverser le désert pour rejoindre mon bout de famille en exil, entre Victorville et Bradstow, la ou la Route 66 croise Bagdad Café, au milieu de nulle part. Je suis déjà en train de prendre des notes sur la vie folle de ma tante, de jouer avec mon tout petit cousin Dakota, je suis déjà en train de songer a passer encore une nuit ou deux à Los Angeles pour revoir Venice Beach et le Pier de Santa Monica, avant de remonter dans l’avion, le cœur en berne, lourd d’avoir emmagasiné toutes ces émotions, avec l’amer espoir qu’un automne indien soit au rendez vous pour m’accueillir a Bruxelles. Cette fois ci, je pars avec mon portable. Pour écrire. C’est une promesse. Faite à moi-même. Je vous emporte avec moi.  

17:48 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |