28/11/2007

World Wild Waste

 

Tandis que l’Afrique saigne, que l’Inde sue, que la Chine bout, que l’Amérique tremble, que l’Europe pue, que l’arctique fond, je vis mollement au fond de ma tanière d’où désormais plus rien ne m’est défendu ou inaccessible. D’un clic and zoom je visite n’importe quel coin du globe sur google earth. En trois mots clés je peux me rassasier d’infos sordides, de films stupides, ou de bien pire encore, si je consens a balancer sur le clavier les 12 chiffres sacrés d’une de mes cartes de crédit. Du bout du doigt je possède l’univers.

J’ai dans mon frigo et mes armoires toutes les saveurs du monde, de quoi tenir un siège, en conserve, iophylisé, surgelé.  Je n’ai plus le moindre besoin primaire. Tout est satisfait ou satisfaisable à peu de frais. Le Marketing-Roi s’est arrangé pour que je ne manque plus jamais de rien. Il a étudié le moindre de mes désirs, du tréfonds de l’enfance à aujourd’hui, pour y répondre de la façon la plus pertinente.

Je n’ai plus rien à conquérir. On à découvert l’Amérique pour moi, on a marché sur la Lune pour moi, on ira bientôt sonder Mars pour moi. Je n’ai plus rien à apprendre. En une seconde j’ai accès a toutes les définitions, toutes les explications, toutes les possibilités.

Je n’ai plus de mission, plus de responsabilité. Célib-conso. Je ne m’occupe que de mes fesses. Il est trop tard pour sauver le monde et trop tôt pour se foutre par la fenêtre. J’attends dans l’ivresse que tout s’effondre. Pour passer le temps je me livre a mon activité favorite. La dépense et l’absorbation.

Je suis au centre de la consommation. Je n’ai pas la faiblesse de penser que je suis une victime. Non. Je suis une toute petite parcelle du dictateur, du bourreau. Ce n’est pas ce que j’achète, ce que je jette, ce que je consomme, qui assassine le monde, c’est mon Envie Souveraine. Car ce monde est a mon image. Les marques ne font que répondre, en écho, à mes demandes égoïstes, aussi banales que la plupart des vôtres. Personne ne me fera bouffer de la merde, même avec le plus bel emballage du monde et la plus formidable des campagnes de com. Je ne prends que ce que j’aime. Et mon univers s’organise autour de mes désirs insatiables. Je suis aux commandes. Je le sais.

Parfois j’aimerais l’oublier. Un désir. Une réponse. On me déculpabilise. Des livres et des journaux me rassurent. Je ne suis pas si horrible que ca. Tri des déchets. Produits éthiques. Produits verts. Un peu de sous pour l’humanitaire. Je suis fier de moi.

Parfois, j’ai besoin de me sentir coupable aussi. Un désir. Une réponse. D’autres livres, d’autres magasines me montrent du doigt. Tri des déchets. Produits éthiques. Produits verts. Un peu de sous pour l’humanitaire. J’expie.

Le seul terrain vierge est à l’intérieur. Vierge. Et encore. Ma bibliothèque foisonne de milliers de pages sur le « Développement Personnel ». On m’y vend d’autres produits. Le bonheur, l’équilibre, le succès, la guérison, la paix. A quoi bon. Autant refaire les peintures d’un bateau qui coule.

Lorsque tout deviendra vraiment douloureux, il n’y aura pas assez de morphine pour tout le monde. J’aurais tout de même la basse satisfaction d’être de ceux qui pourront s’offrir une double dose.

11:11 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

21/11/2007

Au SuperMarché...

Sur mon futur cercueil, (que j’espère investir le plus tard possible) il y aura un clou tout simple que je préférerai d’entre tous les autres : celui du SuperMercado.

 

Au commencement, tout allait bien. Voila bientôt cinq ans que je vis dans ce quartier paisible. Petit pâté d’immeubles de 4 à 5 étages délimité par les rues de Livourne, de Florence, Veydt et Blanche. Un quartier résidentiel avec quelques cabinets d’avocats laborieux, aux fenêtres éclairées tôt avant mon départ et toujours bien tard après mon retour chez moi, un quartier parsemé d’édifices « Art Nouveau » devant lesquels des grappes de touristes hébétés viennent se pâmer tous les weekends de l’année et, bien sur, un quartier traversé par la longue route du « champagne à gogos » qui zigzague entre les trottoirs pairs et impairs de rue de Livourne, passant par chaque porte gardée des bars a « filles » (aussi vêtues que légales), ouverts de 22h a 6h du matin.

 

Quelques rues plus loin, c’est le « chic » quartier Bailly et la « smaaart » place du Châtelain, la rue américaine et ses nombreux restos et boites. Plus animé. Plus trendy aussi.

 

Jusque la, le quartier était calme, nos nuits tranquilles et notre sommeil long et profond. Les clients des clubs exotiques faisaient parfois un peu de raffut en sortant de leurs bouibouis, tamponnés de gloss et torchés comme des phares bretons, mais étaient vite calmés par les Gorilles de l’entrée avant d’être balancés dans l’un ou l’autre Taxi. Il y a même eu le « Milk », un essai authentique de bar boite branché qui a quelques fois agité nos nuits pendant deux ans… Mais le calme était revenu.

 

Puis il est arrivé.

 

Au coin de la rue de Florence et de la rue Veydt

 

Discret, sans prévenir.

 

Il à repris ce tout petit fragment de bloc, un juste un éclat dans le pâté, au 46.

 

Une sandwicherie, au départ. Minuscule. Un local triangulaire, aussi haut qu’étroit, flanqué de deux grandes vitrines, d’un carrelage tout bête au milieu duquel trône un long bar en bois, un comptoir plutôt… Un « espace » si minuscule que son exploitation à toujours été réputée improbable ou impossible…

 

David s’est installé là. Un coup de peinture sur les murs, une banquette laquée noire aménagée le long d’une des vitrines. Sur le mur du fond, au crayon, il a laissé Karim dessiner un horizon discret qui danse entre faîtes de palmiers et gratte-ciels en béton. Quelques tables de jardin en bois et en tôle, quelques chaises pliantes, quatre tabourets mal assortis, de quoi asseoir au total une quinzaine de sardines bien serrées. Quelques touches de déco, de partout, très légère, comme une carte postale punaisée sur un mur frais. Sans plus. Du bric a brac exotique, en quantité tout a fait discrète. Improvisé.

 

Derrière le comptoir, il a aligné des bouteilles colorées, du Rhum qu’on a envie d’appeler par son petit nom dès la première gorgée, Clément, des petits vins d’Italie, de France et d’Espagne, et puis, arrivés depuis je ne sais quel village de montagne jusque sur le bois du bar, par miracle, il a fait apparaître du fromage, du chorizo, des jambons fumés, quelques aubergines, tomates ou champignons farcis, à s’en faire claquer la langue d’envie.

 

Il n’a prévenu personne. Il a juste allumé la lumière, pas trop violement, et mis un peu de musique, espagnole ou gitane, pas trop fort. Il a sorti deux larges parasols verts, déplié une mini terrasse, puis, patient, Il nous a attendu en souriant. Sans prétention.

 

Et nous sommes tous venus.

 

Tous.

 

Seuls où à deux, en groupe, en couples, pour voir, pour essayer, pour boire, pour goûter. On s’est assis, timides, curieux, incrédules, cyniques même. C’était vers le milieu du printemps. On est revenus. Les mêmes têtes, pas toujours aux mêmes heures. On s’est installé dans des petites habitudes. D’abord un sourire, puis un signe de tête, le jour suivant une poignée de main, une semaine plus tard la bise et la claque dans le dos. Assis, les un contre les autres, on s’est rencontrés. Un vrai bazar. De tous les ages. De tous les coins. On s’est tous retrouvés là.

 

Dans le désordre ; Selim, le franco-tunisien qui tient un resto grec haut de gamme dans le coin, Philippa, la jolie graphiste portugaise aux airs parfois sombres, Romane la jeune française en Ong, Gustavo, le magnifique quinquagénaire séducteur italien, Elisabeth, marketeuse styliste anglaise déjantée, Titan, le poète-rappeur réfugié des banlieues parisiennes et son pote Chesko guitariste d’ici, les deux voix du groupe 16/9, Isabella la plus jolie latino-américaine du Casino de Bruxelles, Pretchel, le Bouddah-Rasta-Portos au timbre de miel, Virginie, l’anthropologue amatrice de trappistes, PolishPaul, notre compositeur polonais, et tous ces autres encore, Bruno, Carmelo, David, Nathalie, Seve, Annmarie, même mes voisins, Alex, Marie et Habib, même Rita, qui tient le Snack « Le Matin Sympa » un peu plus bas dans la rue, même Angelo, le patron du « Chou de Bruxelles », avec sa fine équipe, même Serge qui tient un bar a filles, un peu plus loin…

 

Tous, nous nous sommes retrouvés là. Tous, nous nous sommes enfin rencontrés. Au supermarché.

 

Nous avons arrêté. Arrêté de nous croiser, de nous dévisager fugacement, de nous oublier. Nous sommes devenus un village. Un groupe. Une communeauté mouvante et ouverte. Un Syndicat, selon l’expression consacrée… Nous nous sommes trouvés, sous le regard amusé et malicieux du maître des lieux, David. Avec ses faux airs de Pan, Son sourire toujours prêt à bondir. Ses petites « chupitas » de rhum, sa Samba, ses instruments dissimulés un peu partout : guitares, bongos, tambourins (tiens au fait, ça manque de maracas et de castagnettes).

C’est devenu notre bar, notre carrefour, la succursale de nos apparts. C’est un bout de Barcelone qui a atterri chez nous. Un piège à l’apéro. L’antichambre de nos confessions intimes ou de nos dernières aventures. On y rit, on s’y parle, on s’y détend, on se raconte sur le coin du comptoir… 

 

Et depuis, c’en est fini de mes nuits tranquilles.  Du mercredi au dimanche je suis défait. Combien de fois y suis-je rentré pour cinq minutes et sorti titubant sur le coup des 3 heures du mat. Rien de compliqué. Juste un enchaînement parfait. Oh, je passe juste dire bonjour. Oui, juste un verre de vin. Quelques olives arrivent sans crier gare, parfois accompagnées d’un peu de fromage. Un voisin arrive, puis un autre. On papote et un peu plus loin, la faim grandit.

 

Alors parfois on y mange… Tapas ? Parmigianna ? Petites crêpes a la ricotta ? Ou juste une soupe avec un peu de pain frais et d’huile d’olive ? On est quatre à table, bientôt 6.

 

Alors parfois on y joue, quelques cartes, quelques jetons, ou tout simplement un petit poker menteur. L’ambiance s’échauffe.

 

Alors parfois on y fait de la musique. Quelqu’un sort une guitare. On se met a chanter. A donner le rythme des mains, des pieds. On donne de la voix. On en reçoit. Des Vibes. Des bonnes. Des graves et des aigus. Ca slamme, ca rappe, ca s’envole en Français, en Arabe, en Anglais ou en Portugais.

 

Ou alors, parfois, ça se met a danser… Sur une impulsion. Les lumières se tamisent, les corps s’étirent, s’échauffent, tout le monde se lance, en transe, sans complexe, en famille presque. Le loup gigote avec l’agneau, toute l’Europe transpire, élimine dans les rythmes les plus fous, quelques excès de caipiriniahs ou de mojitos. Quelques tintements plus loin, on prépare une ligne de dés à coudre sur le bar, d’un geste rectiligne, on les remplit de tequila… La folie bonne enfant se perpétue jusqu'à l’épuisement. Ici, tout le monde habite a deux pas. Pas besoin de prendre le volant.

 

Rassasié de fête, on demande l’adition, toujours raisonnable… avec, pourquoi pas, un petit sandwich aubergine-tortilla, pour combler le petit creux de cette nuit presque blanche.

 

Dehors, deux générations souriantes partagent le même bedo. J’en prends une taffe au passage avant de leur souhaiter bonne nuit, pour ce qu’il en reste.

Je songe en titubant dans les escaliers, que ca fait bien longtemps que je n’ai plus mis un pied en boite, pour boire des redbull-vodkas et essuyer dans l’ennui le mépris d’usage des beautés plastiques inaccessibles qui s’y affichent et s’y dandinent sans conviction. Je ne sors plus depuis que le SuperMercado a piraté nos nuits. Et la fête a enfin le gout de l’authentique. Elle arrive sans crier gare, elle explose par sa propre envie, sans la moindre obligation, elle n’unit que des gens qui la désirent…

 

David n’avait rien prévu. Il a juste eu l’envie de se faire plaisir. Avec un petit bout de bar en coin. Quelques petites choses à boire et à grignoter. Pas de concept. Pas la moindre prétention. Aux innocents les mains pleines.

 

Depuis quelques semaines, le SuperMercado est ouvert a partir de 11h le dimanche matin. Un croissant. Un  peu d’huile d’olive. Fromage et jambon fumé. Un café corsé. Un journal qui traîne. J’ai même oublié que le « Pain Quotidien » était à 500 mètres de chez moi. J’ai, au coin de ma rue, retrouvé ma « Joie Quotidienne » qui m’attend du mercredi au dimanche assise sur un tabouret, sous le regard toujours amusé de Maître David.

 

Et merde.

 

On est mercredi.

 

12:23 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

16/11/2007

Vu des 80's

Il y avait ce matin un je ne sais quoi dans l'air des quatre-vingts

Un soleil radieux et glacé, très horizontal. De grands rais de lumière fraîche taillés de longues ombres entre les arbres ocres et décharnés. Un sol fauve, laissant s'échapper des fumerolles de vapeur blanche dans l'air vif.

Comme pour répondre à l'ambiance mon baladeur MP3 magique m'a balancé une succession de 3 titres parfaitement adaptés : Avalon - Roxy Music, Dont you (forget about me) - Simple Minds, This Corrosion - Sister of Mercy. Ma caisse s'est immergée dans cette ambiance si particulière.

Les quatre-vingts, un espace temps différent, charnière. Un univers ou les garons avaient finalement renoncé a ressembler a des filles aux cheveux longs ou à des primates barbus babas beatniks shootés a l’hydromel et au cannabis artisanal, pour s’identifier a des pop stars androgynes, a la peau blême, au regard souligné de charbon, aux cheveux courts, en pétard, zébrés de mèches peroxydées, aux tenues étriquées, droites, anguleuses, forcément synthétiques, hésitant entre skaï, vinyle et nylon, entre faux zebre, faux léopard, toujours plus de noir, des babioles en plastique luisant ou fluo. Une époque de chaussures pointues, des Slangs au Creeps en passant par les Tiags.

Une mode synthétisée a l’extrême, le plein boom de la musique électronique, de la cocaïne et du crack. Un univers glamour glacé, qui sentait bon le fric des golden boys, propres, carnassiers et sans état d’âme, eux-mêmes parfait antithèses des neo ruraux du « grand retour aux sources des 60-70’s ».

Un monde fascinant, a la fois net et morbide, froid et follement sexy, aiguisé, décadent, rythmé, dépressif, hype, fataliste, jouissif…

Je me prends a penser que, de l’extérieur, dans ces années là, je me serais plu. Cheveux courts, lunettes de soleil rectangulaires, long manteau noir, jeans, chemise noire dépassant de la ceinture, cravate a dominante grise, juste ce qu’il faut desserrée, veste noire cintrée, au volant d’une Mercedes cabrio SLK 230 grise argent, vieille de presque 10 ans, irrésistible empreinte vintage. Je me serais vu passer, du bout de mon adolescence, peut être aurais-je émis le souhait d’être conforme a mon image… Mais c’est juste une image… de papier glacé. L’emballage, fragile, ne correspond en rien au contenu. Vide de sens et d’ambition. Un corps malade. Une ame encore tourmentée. Une vie déserte. Sous le cliché rutilant se cache la vraie précarité, une existence si mal consolidée qu’a tout instant elle pourrait basculer dans le pire… n’importe quelle tuile, n’importe quelle grosse facture, n’importe quel imprévu un peu encombrant, et je sombre, corps et biens…L’image est toujours traîtresse.

De l’extérieur, on dirait que je file droit sur le Catwalk, sourire et confiance. Sous une autre perspective, j’avance sans oser regarder en bas sur un fil prêt à rompre en essayant désespérément de sauver les apparences.

Qui suis-je en définitive ? Suis-je le reflet vide de ce a quoi je voudrais ressembler ? Une série d’attributs ? Une collection d’images d’Epinal ? Un cliché mal abouti ? Ou suis-je vraiment un être humain, avec des ambitions, des envies, un but… et si oui… lesquels ?

Entre temps, je suis arrivé au bureau. Fin des questions personnelles. 

15:50 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

14/11/2007

Pêtage de plombs

 

Une sonnerie me réveille. Pas la même que d'habitude. Il fait clair. Déja. C'est louche. Quelle heure est-il ? Ecran du réveil n°1 : noir. Ecran du réveil n°2 : idem. Mon GSM cesse de sonner. Messagerie vocale. je ramasse ma montre sur la table de nuit. 10h15. Merde. Je ne panique pas. Je peste juste contre moi-même, comme d'habitude. Mes premiers mots le matin sont souvent des injures à mon encontre. Le petit radiateur d'appoint, au pied du lit, semble éteint. Plus d'électricité. Je me demande si mes copains d'Electrabel auraient eu la bonne idée de me coller un limitateur. Bref regard intérieur paniqué vers cette zone d'ombre, au coeur de ma culpabilité sourde et permanente ; Les factures impayées, les amendes, les tracas fiscaux, les documents administratifs oubliés, toutes ces casseroles, ces poisons du quotidien, toutes mes négligences, dont la plus grave, médicale, me glace le sang a vouloir m'enfouir encore plus profond ma grosse tête d'autruche dans un trou douillet, capitonné, bien à l'abri de la trouille...

Je me leve. Agir. Sortir de la brume. Arreter de penser a tout ce que je devrais faire, pour continuer d'oublier en revenant au présent externe ; Plus d'électricité. Depuis quand. Je descends dans la cuisine silencieuse. Le lave linge s'est arreté au tiers de son programme. Soit une heure apres etre monté me coucher. Minuit. A moins que Sibelgaz ait entrainé des commandos spécialisés dans les interventions de nuit chez les plus mauvais payeurs, il doit seulement s'agir d'un bon vieux sautage de fusible, lave linge + chauffage électrique. Un classique.

Niveau réfrigirateur, par contre, c'est la cata. Des choses informes, hors d'age, semblent vouloir reprendre vie apres leur hibernation forcée. Artistiquement c'est intéressant. Du pop-art mou gluant. Mais ca fouette. Une grande poubelle et au revoir la décadence.

Impossible de passer la porte de la cave ; les ritals du resto d'en bas ont laissé les clés a l'intérieur des serrures. Attendre qu'ils arrivent.

En attendant, a l'ancienne, dans un silence monacal, touver une chemise la moins froisée possible, se laver a l'eau froide, se raser au mécanique, faire son café avec une caserolle d'eau posée sur le gaz.

Voila sans doute le climax de ma journée. Ah oui, j'ai aussi déjeuné avec mes cousins. Mais bon. J'arrete ici de peur que vous soyez déja hors d'haleine et incapable de suivre le tempo trépidant et des rebondissement incessants de ma vie plate a l'infini.

A suivre.... Tataaaaaam....

19:18 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/11/2007

Un post par jour...

Voisin de la fameuse technnique de "bébé fait un pas", je m'auto-inflige le "One Post a Day" dans l'espoir un peu flou de reprendre possession de mon écriture qui ne me sert aujourd'hui qu'a rédiger de la prose commerciale insipide et répondre à des tonnes de mails idiots par d'autres tonnes de mails encore plus cons.

Je profite d'une heure indolente entre midi et une, pour réexplorer une utilisation ludique et créative du saint clavier. J'ai décidé d'arrêter d'attendre les idées. Elles ne viennent plus. Ou alors elle débarquent, sournoises, dans des circonstances qui m'empêchent tout simplement de les saisir au vol et de les plaquer, quelque part, sur un bout de papier ou une messagerie vocale.

Je m'étais offert un nouveau Moleskine pour essayer d'en chopper quelques unes. Mais je n'ai réussi qu'a y noter un famélique "Synthétisation du Monde" (avec un tirait devant, tout de meme ! Devant une telle indigence, chaque caractère compte) en 2 mois de trimballage innintérompus.

Pourquoi ce vide, tout a coup ? A la croisée de différents facteurs (qui sont encore en grève aujourd'hui), je stagne dans l'inertie.

D'abord je vis moins, ou moins intensément. Ensuite le temps libre "connecté" que je possède est principalement réinvesti en Poker On Line ou en gestion chronophagique de mon beau profil sur FaceBook. En comparaison de ces deux passe-temps sans fond, une page blance déposée sur un traitement de texte n'a strictement rien de bandant, croyez moi. Et puis, depuis que j'ai installé un écran déroulant de 2,10m de diagonale en face du projo, je m'enquille des séries TV jusqu'a en vomir des rétines, par galettes de 4 avalées l'une après l'autre a grand renfort de verres de vin. Ainsi j'ai pu découvrir dans un demi comma douillet comment vivaient les Agents du CTU, les prisonniers les plus déjantés de Fox River, les survivants du vol Oceanic 815, les bouffeurs de pates du New Jersey ou les joyeux mutants du docteur Suresh. Comblé d'aventures à rallonges (parfois grossières), je finis pas trouver le quotidien bien trop réel et plat au gout de mes papilles anesthésiées.

Enfin je pense que ma déprime s'aggrave, a un point tel que je n'ai presque plus envie de rien si ce n'est de bouffer ou de dormir. Même le cul m'ennuie (celui des autres, hein, le mien il m'emmerde, c'est pas pareil). J'aimerais essayer de pioncer le plus longtemps possible, voir combien de jours d'affilée, je serais capable de ne pas lever une paupière. Quand a la nourriture, ca devient problématique. J'ai des envies de gavage. Je ne me sens enfin apaisé que l'estomac lesté. Oui, j'ai arreté de fumer. Pour de bon ce coup-ci, semble-t-il. 10 mois d'abstinence. Avec parfois quelques taffes prises sur des joints de passage, rien de plus. La cloppe ne me manque plus. Mais j'ai tout de meme une énorme sensation de vide depuis que j'ai réussi a m'en défaire.

Depuis tout ce temps, je n'écris plus, ou alors une page horrible et puis, c'est le vide pendant des semaines. Un exemple ? Voila le genre de loghorée pesante qui tombe de la plume les soirs de spleen :

Je suis le fruit pourri d’un monde à l’agonie. Je suis suspendu dans le vide, au bout de la chaîne alimentaire. Je suis le prédateur rongé par la vermine de sa paresse, dégradé par sa propre stérilité, par son inutilité grossière. Je n’ai envie de rien par ce que tous mes besoins sont satisfaits. Je suis fat, lâche et ingrat.

Je porte avec plaisir et réconfort les oeillères dorées qui cache a ma vue les horreurs de ce monde. Je fais semblant de ne pas savoir.  Je laisse ma matrice, la société de consommation, me déculpabiliser, contre quelques euros de plus. Je ne suis plus qu’une carcasse creuse qu’on a rempli de spots et de prospectus. Je loue mon âme aux diables, aux plus offrants. Je n’ai même pas l’amour de l’argent ou du pouvoir. Je n’ai pas d’amour. Ce sont des ersatz, des substituts, des choix par défaut, des conséquences de l’ennui et de la peur. Je voudrais un destin, mais je suis trop faible et trop insignifiant que pour m’en créer un. Alors je cultive mon égo misérable a renforts de masques et de frusques, de fêtes et d’alcools, de plaisir fugaces qui occultent les vraies nécessités.

J’ai perdu le goût du pain. J’overdose de brioches. Ma connerie est aussi obèse que moi. Je me dégoûte. Je me dégueule. Ici même. Je me vomis en noir sur blanc. Mon vrai miroir, ma vraie cuvette. Je pleure de honte alors que j’aperçois le vague reflet de ce que je suis devenu. Je pleure de honte sous le regard de l’enfant qui espérait devenir autre chose que ce refus d’humanité. Et je me vomis encore, mot après mot, essayant de me trouver un peu d’amour dans toute cette haine. Je vomis ma laideur sans pouvoir m’en détacher. Je vomis mon inépuisable lachêté, ma désespérante inconséquence, ma peur immense et toutes les poisons de ce monde. Je vomis ici tout ce que je devrais livrer calé dans le sofa d’un psy. C’est ma décharge sauvage, mon parc a immondices. J’exploserais, chacun de mes orifices suinterait des larmes de merde et de sang souillé, si je ne déversais pas ici toutes ces ordures… Et je repars ensuite me gaver de plaisirs idiots, de nourritures fades et grasses, d’alcools débilitants, de jouissances oblitérantes, encore plus de négation, d’excès, d’horreur. Car ce sont les seules preuves tangibles de mon existence. Me remplir comme une outre, a sentir mes flancs s’étirer, a en dépasser l’apaisement pour baigner dans la nausée, et me vider par la suite, malheureux, furieux, mais vivant, au moins par la douleur et le dégoût.

Bon appétit...

Voila pourquoi il est important que je me remette a écrire, n'importe quoi, plutot que d'attendre qu'une fleur naisse sur les tas de fumier qui s'accumulent dans mon réservoir a mots.

A demain peut etre. Qui sait. Peut etre arriverais-je à tenir une autre bonne résolution.

14:37 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/11/2007

Que d'la meeerde

 

 Le bonimenteur n'a pourtant pas menti. Il a écrit. des lignes, des paragraphes, des pages entières même. Que de la merde ! Non pas que je sois fier de ce que mon cerveau malade et mes mains fébriles avaient réussi a tricoter auparavant ni même que je pensais pouvoir garantir la moindre qualité... Je ne juge pas ce que je déverse ici.

Mais ce que je ponds, ces dernirers temps, est noir, pesant, pueril, moche et triste. Une raculer du fond de mon bidet mental. C'est moche, affreux même. Ca ne vaut pas le coup de poster ici ce genre de détritus. Je reprendrai le clavier quand ca ira mieux.

biz

 

12:21 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |