27/01/2008

Arrêt d'Urgence !

 

Stop.

On arrête tout.

On prend deux heures.

Un grand verre bien rempli (on en aura besoin).

On s'installe confortablement (l'inconfort sera mental)

et On regarde d'URGENCE "Zeitgiest"

http://www.zeitgeistmovie.com/


Revenez me dire ce que vous en avez pensé.

 

 

17:13 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : zeitgeist |  Facebook |

22/01/2008

L'Irrésistible Appel de la Nature (Profonde)

Si j’en crois ce qu’on ne cesse de me répéter, lors de mes belles grandes phases de déprime, rater sa vie, c’est d’abord et avant tout rater sa propre rencontre. On pourrait donc se permettre d’être en rupture complète avec les schèmes et les standards balisés de la « Réussite » à condition d’avoir trouvé, en soi, sa nature profonde, et d’agir en respectant ce guide interne.

Ca me plait bien. C’est relativement facile à dire. C’est sobre, à mi chemin entre le New Age qu’on nous promet depuis des décennies et une logique de renfermement sur soi, masturbatoire et consumériste, de plus en plus à la mode. C’est presque un slogan : « Sois toi-même, juste fais le » ou une sorte de lafontainade moderne : « Le pot de faire contre le pot d’être ». C’est même vendable (pardonnez ma déformation professionnelle). Pour me promener un peu dans les mondes vitrifiés, luxueux et éminemment solitaires du management, je peux vous assurer que bon nombre de gourous ont troqués leur djellabas et leurs pendentifs mystiques contre un complet Armani, un Blackberry et un programme grand voyageur sur quelques compagnies aériennes pour aller dispenser la bonne parole dans le petit monde dispersé des Elites et les amener en douceur sur la voie du « développement personnel » contre monnaie sonnante et trébuchante. Ces apôtres nouveaux de la maïeutique répandent autour d’eux l’illusion que le paradis terrestre est « en soi » et qu’en creusant (avec les bons outils, justement vendus à la boutique) on finit forcément par tomber sur son petit Yoda intérieur qui vous réconciliera avec la Vie et la Force de l’Univers, tatataataaaaam. We are so uniiiique.

Je recommande pour ma part, à toute personne désireuse d’éprouver du bonheur intérieur, de commencer par se stimuler la prostate, le point Gé ou le col de l’utérus. Ca ne coute rien et ca marche à tous les coups. Et on vivra tous vieux et heureux avec un doigt profondément carré dans le fion. Vive la nature. Pardonnez mon Ironie.

Et puis après ? Existe-t-il vraiment une nature profonde humaine ? Est-elle relativement commune ou totalement individuelle ? N’est ce pas simplement un autre leurre qu’on s’agite devant l’esprit pour oublier notre condition de mammifère supérieur mortel et décrépissant ? Pas moins idiote mais bien plus présentable, tendance, hype même, que les mono ou polythéismes qui pullulent depuis que l’homme nouveau ne se contente plus simplement de satisfaire ses petits besoins primaires ? Desproges me disait encore hier soir que l’intelligence était le seul outil qui permette à l’homme de mesurer l’étendue de son propre malheur. N’est-il  pas fondamentalement plus rassurant de se persuader de l’existence d’un chemin, d’une identité profonde à rencontrer ? Ego Sum Deus ?

Si l’un ou l’autre d’entre vous arrive à m’affirmer que la Nature Profonde existe, je me ferais un plaisir d’entamer avec lui un dialogue plein de questions. Je promets en outre d’être gentil, poli et bien élevé.

Et si ma nature profonde était en fait pleinement déjà réalisée ? Si je découvrais en creusant quelques galeries entre ma conscience nauséabonde et mon inconscient pestilentiel qu’en fait, j’ai la nature profonde du bon vivant jouisseur ? De l’égoïste onaniste ? Du dépressif mondain ? De Monsieur Loyal au pays des grands cyniques désabusés ? Et si j’étais, en fin de compte, exactement ce que je souhaite être ?

Je me rappelle d’une de mes rares séances de psy. J’avais fait la liste des 15.000 raisons qui faisaient de moi un Imposteur au quotidien, dans ma vie professionnelle. Elle m’avait répondu, en souriant, qu’après 10 ans de ce régime, je pouvais au moins avoir une certitude ; celle d’être un bon imposteur.

De même, je lis ou j’entends souvent des invitations qui me sont faites a « laisser tomber le masque », cesser de jouer les « animateurs » pour les autres, afin d’être enfin vraiment « moi ». Et si c’était «moi », justement ? Pourquoi voir des masques alors que je me sens toujours à vif, à visage découvert ? Pourquoi me demander de moins solliciter le devant de la scénette, alors que la majeure partie de ceux qui me le conseillent se bidonnent dans la salle et me poussent au rappel ?

Lorsque je regarde froidement ma vie, je me dis qu’en fait, j’ai exactement tout ce que j’ai souhaité. Une existence de grand gamin attardé, la capacité de me faire plaisir sans trop me limiter, une tendance assumée à me polir ou me démolir l’égo en fonction de l’humeur du jour. J’ai voulu des filles, je les ai eues. Je voulais des amis fidèles et passionnants, je les ai eus. Je voulais un peu de blé, un grand appart, un cabrio, un écran géant, une playstation, de la déco rouge seventies, je les ai eu. J’ai voulu aimer, j’ai aimé. J’ai voulu rire, pleurer, jouir, avoir peur, et … je me le suis offert. Ais-je été jusqu'à désirer mes petites tumeurs dans la vessie ? Probablement. Je ne sais pas encore bien pourquoi ni comment, mais quelque part, même si je me suis retrouvé profondément bouleversé, ébranlé et dérouté, je n’ai pas été surpris pour autant. Les détenus isolés en QHS s’automutilent pour éprouver des sensations qui leur prouvent leur existence. Aurais-je fait de même ?  

La nature profonde de l’homme est d’être biodégradable. Avant cette issue, il n’a aucune autre mission que de satisfaire les exigences du vivant ; boire, manger, éliminer, dormir, se reproduire. Le reste est, selon moi, un vaste catalogue de fioritures qui permettent d’enjoliver cette dynamique de base. Il se donne un rôle. Il passe le temps qui le tue plus qu’il ne tue le temps qui passe. Il se rassure. Il s’offre des sensations. Mais l’inéluctable rideau finit toujours par tomber au bout de l’un ou de l’autre acte, et ensuite, on vide les « planches » pour laisser la place, plus ou moins nette.

A moins que ?

Y’a-t-il un Dieu dans la salle ?

11:59 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

17/01/2008

Délectable Election

 

Il y a chez moi comme une odeur nouvelle. Un parfum qui flotte. Quelque chose d’étrangement familier. Une empreinte de femme. Discrète. Légère. Des notes de Bach tranchent l’air de mes habitudes Jazz et s’invitent a danser, joyeuses, dans la solitude de mon salon éclairé aux bougies. Je l’attends. Elle va bientôt rentrer. Rentrer. Dans ce chez moi qui l’épanouit de jour en jour. Délectable élection de domicile.

Depuis quelques matins, je mange. Vous dire combien serait idiot. J’en perds le fil, et je ne les compte pas. Non pas que j’aime. Pas encore. Pas officiellement.  Il est trop tôt. C’est trop dangereux. Mais ils sont encore trop peu nombreux pour flirter avec l’habitude, la lassitude ou l’ennui.

Il traine, des souvenirs de ce matin, un fumet de café corsé, frais moulu et des envies de pain grillé. Puis, patient, je perçois enfin consciemment les arômes délicieux qui me taraudent. J’hume  les volutes d’un  bonheur nouveau, un bonheur frais comme une surprise en plein hiver, un bonheur auquel j’assiste plus que je n’y participe, enfin spectateur patient et heureux, séduit, sans maquillage, sans artifice. Etat de grâce au creux du moment le plus inattendu. Elle est le perce-neige de mon hiver. J’ai presque l’impression de vivre un morceau de bonheur volé, comme un temps précieux qui ne m’était pas destiné.

En quelques jours, elle s’est installée. Tout est temporaire, bien sur. Une affaire de circonstances, suspendue entre un déménagement obligé et un emménagement reporté. Mais elle est là, dans ma vie, à ma table, dans mon lit. Des objets inconnus me rappellent à elle quand elle s’absente. Je suis toujours chez moi. Mais plus tout seul.

Sommes-nous déjà un couple ? Peut-être. Nous aimons a dire en riant que nous partageons le même célibat. Mais l’évidence s’impose, peu à peu. Nous nous entendons beaucoup trop bien, de façon beaucoup trop naturelle, pour ne pas, doucement, glisser dans une réalité de plus en plus douce, de plus en plus tendre, ou nous troquerons nos noms, bientôt, pour d’affreux petits sobriquets qui écorchent toujours autant les oreilles de ceux qui n’aiment pas.

Mon quotidien  se modifie de lui-même, sans le moindre heurt. Me voila en train de me lever plus tot qu’a l’habitude, pour partager avec elle ses expressos brulants. Me voila désireux de me coucher près d’elle plutôt que de trainer encore et toujours jusqu'à mes deux heures du mat coutumières.  Me voila plus frais, plus éveillé, plus fringuant au boulot. Me voila même en train de m’y investir, de reprendre en main la gestion de notre unité, en attendant de pouvoir, au soir tombé, retrouver celle qui commence déjà à me manquer.

Se pourrait-il que ce soit vraiment aussi simple ? Je me refuse a laisser mon esprit vagabonder, analyser, se promener dans les lignes trompeuse d’un avenir, si court soit-il. Je suis présent. Je goute à pleine bouche ce que ma vie a décidé de m’offrir en cet instant. Je ne me pose pas de question. Je ne me vautre dans aucun espoir, je ne nourris aucune attente. Je suis simplement détendu dans un présent continu qui me donne a chaque instant une superbe envie d’encore.

A suivre.

 

13:20 Écrit par Jorael dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |